{"id":1085,"date":"2023-12-12T02:06:00","date_gmt":"2023-12-12T01:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/?p=1085"},"modified":"2023-12-11T07:09:19","modified_gmt":"2023-12-11T06:09:19","slug":"avis-de-gros-temps-sur-lindustrie-eolienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/avis-de-gros-temps-sur-lindustrie-eolienne\/","title":{"rendered":"Avis de gros temps sur l\u2019industrie \u00e9olienne"},"content":{"rendered":"\n<p>Sur tous les continents, le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables, en particulier de l\u2019\u00e9olien, est devenu une priorit\u00e9 dans la lutte contre les d\u00e9r\u00e8glements climatiques. Les projets de vastes champs de production \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des terres ou en mer foisonnent partout. Et pourtant, l\u2019industrie \u00e9olienne n\u2019a jamais affront\u00e9 une crise aussi grave.<\/p>\n\n\n\n<p>La seule journ\u00e9e du 14 novembre donne un aper\u00e7u des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s. Ce jour-l\u00e0, le groupe danois Orsted, le plus grand constructeur d\u2019\u00e9oliennes en mer, a annonc\u00e9 la d\u00e9mission de ses dirigeants et <a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-11-13\/orsted-quits-norway-offshore-wind-venture-as-cost-crisis-deepens?srnd=premium-europe&amp;sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019abandon d\u2019un projet de champ \u00e9olien en mer en Norv\u00e8ge<\/a>, apr\u00e8s avoir renonc\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 la construction d\u2019un autre champ en mer au large du New Jersey. Ces mesures, selon le groupe, ne sont que les premi\u00e8res d\u2019une longue s\u00e9rie \u00e0 venir, en r\u00e9ponse \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-11-01\/orsted-drops-us-wind-projects-taking-4-billion-impairment-hit?sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">des pertes trimestrielles<\/a> de plus de 28 milliards de couronnes danoises (3,75 milliards d\u2019euros) publi\u00e9es d\u00e9but novembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame jour, apr\u00e8s des semaines d\u2019incertitude, Siemens Gamesa, entreprise n\u00e9e de la fusion entre la filiale \u00e9olienne du conglom\u00e9rat allemand et l\u2019espagnol Gamesa, parvenait enfin \u00e0 conclure un plan de sauvetage de 15 milliards d\u2019euros, constitu\u00e9 essentiellement par des garanties financi\u00e8res apport\u00e9es par le gouvernement allemand et sa maison-m\u00e8re. La soci\u00e9t\u00e9, en graves difficult\u00e9s techniques et financi\u00e8res depuis pr\u00e8s de deux ans, avait annonc\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment <a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-10-30\/as-wind-industry-struggles-investors-brace-for-orsted-losses?sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">plus de 4 milliards d\u2019euros de pertes<\/a>. Elle pr\u00e9voit de perdre encore 2 milliards l\u2019an prochain. Un plan d\u2019\u00e9conomie de 400 millions d\u2019euros vient d\u2019\u00eatre lanc\u00e9. Mais l\u00e0 encore, il ne s\u2019agit que des premi\u00e8res mesures.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie de mauvaises nouvelles ne se limite pas \u00e0 quelques groupes. Tout le secteur est touch\u00e9. La <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2023\/08\/07\/business\/offshore-wind-costs-delays.html?searchResultPosition=3\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">filiale \u00e9nergie de GE<\/a>, un des g\u00e9ants du secteur, redoute d\u2019avoir \u00e0 supporter quelque 2 milliards de dollars (1,8 milliard d\u2019euros) de pertes \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, en raison de probl\u00e8mes financiers et techniques. M\u00eame les constructeurs chinois ne paraissent pas \u00e9pargn\u00e9s. Le constructeur de turbines Xinjiang Goldwind Science &amp; Technology Co. a publi\u00e9 en octobre <a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-10-26\/goldwind-profits-plunged-even-as-wind-power-surges-in-china?sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">des r\u00e9sultats trimestriels<\/a>&nbsp;en baisse de 98&nbsp;%.<\/p>\n\n\n\n<p>Partout <a href=\"https:\/\/oilprice.com\/Alternative-Energy\/Wind-Power\/Bidens-Wind-Revolution-Faces-Setback-As-Major-Projects-Halted.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">les projets de champs <\/a><a href=\"https:\/\/oilprice.com\/Alternative-Energy\/Wind-Power\/Bidens-Wind-Revolution-Faces-Setback-As-Major-Projects-Halted.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>offshore<\/em><\/a> sont retard\u00e9s, voire annul\u00e9s. Aux \u00c9tats-Unis, malgr\u00e9 le soutien du gouvernement am\u00e9ricain, deux groupes seulement se sont pr\u00e9sent\u00e9s pour r\u00e9pondre \u00e0 des appels d\u2019offres pour construire des champs \u00e9oliens maritimes<a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2023\/08\/29\/climate\/gulf-mexico-wind-farm.html?searchResultPosition=9\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"> dans le golfe du Mexique<\/a>. En Grande-Bretagne, les appels d\u2019offres pour <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2023\/09\/08\/business\/no-bidders-in-british-offshore-wind-auction.html?searchResultPosition=2\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">de nouveaux projets en mer du Nord<\/a> ont \u00e9t\u00e9 simplement annul\u00e9s en septembre&nbsp;: aucune candidature n\u2019avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. L\u2019\u00e9lectricien japonais Skikoku Electric Power et le raffineur Eneos Holdings ont annonc\u00e9 \u00e0 la mi-novembre <a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-11-16\/japan-firms-exiting-taiwan-offshore-wind-projects-deepens-industry-crisis?cmpid=socialflow-twitter-business&amp;utm_content=business&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=socialflow-organic&amp;utm_source=twitter&amp;sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l\u2019abandon d\u2019un projet d\u2019\u00e9olien <\/a><a href=\"https:\/\/www.bloomberg.com\/news\/articles\/2023-11-16\/japan-firms-exiting-taiwan-offshore-wind-projects-deepens-industry-crisis?cmpid=socialflow-twitter-business&amp;utm_content=business&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=socialflow-organic&amp;utm_source=twitter&amp;sref=fo6OHuy7\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>offshore<\/em><\/a>&nbsp;au large de Ta\u00efwan. La rentabilit\u00e9 du projet, selon eux, n\u2019est pas assur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Crise syst\u00e9mique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;On assiste actuellement \u00e0 la conjonction de trois facteurs qui font une crise syst\u00e9mique&nbsp;: des difficult\u00e9s d\u2019approvisionnement, avec la forte hausse des mati\u00e8res premi\u00e8res (acier, cuivre, aluminium, fibre de verre), la mont\u00e9e<\/em> <em>des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et la crise inflationniste. Tous les projets se retrouvent en difficult\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>, explique Mattias Vandenbulcke, directeur de la strat\u00e9gie \u00e0 <a href=\"https:\/\/fee.asso.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">France Renouvelables<\/a>, qui regroupe tous les acteurs des \u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les probl\u00e8mes de l\u2019\u00e9olien vont bien-au-del\u00e0 d\u2019un trou d\u2019air conjoncturel, selon de nombreux acteurs du secteur. \u00c0 partir de 2015, l\u2019industrie n\u2019a cess\u00e9 de voir ses r\u00e9sultats se d\u00e9grader pour plonger aujourd\u2019hui dans le rouge. <em>\u00ab<\/em>&nbsp;<em>Nous devrions \u00eatre raisonnablement profitables. Pourtant, nous perdons tous de l\u2019argent&nbsp;\u00bb<\/em>, constate Jochen Eickholt, directeur de Siemens Gamesa.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps des pionniers semble r\u00e9volu. L\u2019industrie \u00e9olienne europ\u00e9enne, qui a \u00e9t\u00e9 la plus innovante au cours des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies et a domin\u00e9 le secteur, para\u00eet aujourd\u2019hui la plus fragilis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces difficult\u00e9s arrivent au moment o\u00f9 la Commission europ\u00e9enne a arr\u00eat\u00e9 des objectifs des plus \u00e9lev\u00e9s en mati\u00e8re de transition \u00e9nerg\u00e9tique&nbsp;: les capacit\u00e9s de production des \u00e9oliennes devraient \u00eatre port\u00e9es \u00e0 500 GW&nbsp;\u2013&nbsp;soit un quasi-doublement \u2013&nbsp;d\u2019ici \u00e0 2030 pour r\u00e9pondre aux objectifs de d\u00e9carbonation de l\u2019\u00e9nergie. Mais cela ne peut se r\u00e9aliser sans <em>\u00ab&nbsp;une fili\u00e8re en bonne sant\u00e9, solide et comp\u00e9titive&nbsp;\u00bb<\/em>, reconna\u00eet-elle. L\u2019objectif, qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 qualifi\u00e9 de tr\u00e8s ambitieux, est-il encore tenable avec la crise qu\u2019affronte le secteur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats-Unis sont confront\u00e9s au m\u00eame questionnement. Pourront-ils r\u00e9pondre aux imp\u00e9ratifs de la transition \u00e9cologique, si <a href=\"https:\/\/www.cnbc.com\/2023\/11\/13\/wind-power-industry-in-moment-of-reckoning-as-stocks-fall.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le secteur est en crise<\/a>&nbsp;? <em>\u00ab&nbsp;L\u2019industrie \u00e9olienne am\u00e9ricaine est fondamentalement en miettes et doit \u00eatre repens\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/em>, a soutenu le responsable des \u00e9nergies \u00ab&nbsp;propres&nbsp;\u00bb de BP, en train de devenir un des grands acteurs de l\u2019\u00e9olien, lors d\u2019un sommet sur la transition \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9but novembre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Vents forts \u00e0 venir. Soyez prudents.&nbsp;\u00bb Parc \u00e9olien dans la vall\u00e9e de Coachella, en Californie (\u00c9tats-unis), le 22 f\u00e9vrier 2023. \u00a9&nbsp;Photo Mario Tama \/ Getty Images via AFP<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>La course vers le gigantisme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>On n\u2019a pas vraiment pris note de ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans l\u2019\u00e9olien au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Pourtant, le bond technique est spectaculaire. En 1991, comme le rappelle C\u00e9dric Philibert, chercheur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut fran\u00e7ais des relations internationales (Ifri) dans son livre <em>\u00c9oliennes, pourquoi tant de haine&nbsp;? <\/em>(\u00e9ditions Les Petits Matins, 2023), la premi\u00e8re \u00e9olienne en mer, con\u00e7ue au Danemark par l\u2019anc\u00eatre d\u2019Orsted, mesure entre 20 et 30 m\u00e8tres, a des pales de quelques m\u00e8tres de long, et sa puissance ne d\u00e9passe pas 300&nbsp;kW. De quoi alimenter quelques dizaines de maisons \u00e0 peine. Le co\u00fbt de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 produite tourne alors autour de 180 dollars le MWh.<\/p>\n\n\n\n<p>Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, les \u00e9oliennes en mer n\u2019ont cess\u00e9 de grandir&nbsp;\u2013&nbsp;30, 50, 100 m\u00e8tres&nbsp;\u2013 et leurs performances d\u2019augmenter. Aujourd\u2019hui, les \u00e9oliennes, \u00e0 la recherche de vents plus hauts et plus stables \u2013&nbsp;ce qui augmente les temps de charge de la turbine&nbsp;\u2013, mesurent plus de 100 m\u00e8tres, ont des pales rotatives de plus de 60&nbsp;m\u00e8tres, avec une puissance pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 8,5&nbsp;MW.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais la course au gigantisme ne s\u2019arr\u00eate pas. Les constructeurs de turbines veulent aller toujours plus haut afin de pouvoir capter des vents plus stables, ce qui permet d\u2019augmenter les rendements. Le g\u00e9ant am\u00e9ricain GE, gr\u00e2ce au rachat d\u2019Alstom, tr\u00e8s en avance dans ce domaine, <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/11\/22\/business\/wind-power-europe.html?searchResultPosition=1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">comme le pr\u00e9cise l<\/a><a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/11\/22\/business\/wind-power-europe.html?searchResultPosition=1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>e New York Times<\/em><\/a>, s\u2019est engag\u00e9 dans cette voie. Son \u00e9olienne en mer, nomm\u00e9e Haliade-X et construite en grande partie en France, ressemble \u00e0 un monstre&nbsp;: elle mesure environ 260 m\u00e8tres de haut (presque la tour Eiffel), avec des pales de plus de 100 m\u00e8tres permettant de d\u00e9velopper une puissance de 12&nbsp;MW.<\/p>\n\n\n\n<p>Siemens Gamesa a ripost\u00e9 en pr\u00e9sentant un nouveau mod\u00e8le d\u2019\u00e9olienne <em>offshore<\/em> nomm\u00e9e SG&nbsp;14-222&nbsp;DD. Ce devrait \u00eatre l\u2019\u00e9olienne la plus puissante du monde. Haute de plus de 250 m\u00e8tres elle aussi, avec des pales de 108 m\u00e8tres de long et un rotor de 222 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, sa puissance install\u00e9e est cens\u00e9e atteindre 14-15&nbsp;MW. Cette nouvelle \u00e9olienne <em>offshore<\/em> ainsi que sa turbine 5-X semblent en partie \u00e0 l\u2019origine des difficult\u00e9s financi\u00e8res actuelles du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-on arriv\u00e9 \u00e0 un palier technologique&nbsp;? La course au gigantisme a-t-elle conduit \u00e0 concevoir des \u00e9quipements beaucoup trop compliqu\u00e9s \u00e0 ma\u00eetriser, au point qu\u2019ils ne sont plus rentables&nbsp;? <em>\u00ab&nbsp;Je ne le pense pas. Je crois qu\u2019il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019erreurs internes commises par Siemens&nbsp;\u00bb<\/em>, dit C\u00e9dric Philibert. Les d\u00e9boires actuels de Siemens en tout cas ne sont pas sans rappeler ceux d\u2019Alstom (avant son rachat par GE) en 2003, apr\u00e8s acquisition des turbines \u00e0 gaz du groupe helv\u00e9tico-su\u00e9dois ABB.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Effets de levier<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Ces monstres ont toutefois d\u00e9j\u00e0 chang\u00e9 la donne. Depuis les premi\u00e8res \u00e9oliennes install\u00e9es, les progr\u00e8s techniques, le d\u00e9veloppement en s\u00e9rie, l\u2019am\u00e9lioration des temps de charge ont permis de diminuer notablement les co\u00fbts de production et d\u2019am\u00e9liorer la rentabilit\u00e9 de chaque projet. De 180 dollars le MWh \u00e0 ses d\u00e9buts, le co\u00fbt est tomb\u00e9 en moyenne \u00e0 140 dollars en 2010, 80 dollars en 2015 et autour de 60 dollars en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette tendance s\u2019est invers\u00e9e. Le d\u00e9veloppement de ces superturbines demande de lourds investissements. Les constructeurs manquent de d\u00e9bouch\u00e9s pour amortir sur de longues s\u00e9ries les frais de recherche et de d\u00e9veloppement. Car dans cette activit\u00e9 \u00e0 haute intensit\u00e9 capitalistique, peu d\u2019acteurs sont susceptibles de porter de tels paris financiers sur le long terme. D\u2019autant que l\u2019environnement financier a radicalement chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les acteurs mesurent maintenant combien le temps de l\u2019argent gratuit les a aid\u00e9s&nbsp;: les politiques mon\u00e9taires ultra-accommodantes de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 un puissant acc\u00e9l\u00e9rateur pour la transition \u00e9cologique en g\u00e9n\u00e9ral, pour l\u2019\u00e9olien en particulier. Gr\u00e2ce au taux z\u00e9ro, le secteur a utilis\u00e9 des effets de levier gigantesques qui ont permis de faire \u00e9merger des projets de fermes \u00e9oliennes en mer qui n\u2019auraient jamais pu voir le jour autrement.<\/p>\n\n\n\n<p>La normalisation financi\u00e8re, voulue par les banques centrales pour lutter contre l\u2019inflation, plonge des promoteurs et les constructeurs&nbsp;\u2013&nbsp;qui sont souvent partenaires dans la cr\u00e9ation de nouveaux champs&nbsp;\u2013 dans le brouillard. Les fermes \u00e9oliennes existantes voient leur rentabilit\u00e9 se d\u00e9grader avec l\u2019envol\u00e9e des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il faut bien payer. Les projets, sign\u00e9s il y a deux ou trois ans, quand tous les acteurs \u00e9taient persuad\u00e9s d\u2019\u00e9voluer dans un environnement relativement stable, avec des garanties de rachat de leur production autour de 60-65 dollars le MWh, voient les montages imagin\u00e9s s\u2019\u00e9crouler.<\/p>\n\n\n\n<p>Car l\u2019\u00e9quation financi\u00e8re ne tient plus. Entre-temps, le co\u00fbt des mati\u00e8res premi\u00e8res et les ruptures dans les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement ont surench\u00e9ri les prix de chaque \u00e9olienne. Les charges financi\u00e8res s\u2019alourdissent. Les fournisseurs sont en premi\u00e8re ligne, press\u00e9s de faire des efforts, de rogner sur leurs marges. <em>\u00ab&nbsp;On perd 8&nbsp;% sur chaque turbine vendue&nbsp;\u00bb<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2022\/11\/22\/business\/wind-power-europe.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">a r\u00e9cemment avou\u00e9<\/a> Henrik Andersen, PDG de Vestas, un autre grand constructeur danois d\u2019\u00e9oliennes.<\/p>\n\n\n\n<p>La contrainte financi\u00e8re est d\u2019autant plus lourde que les d\u00e9lais de raccordement au r\u00e9seau \u2013&nbsp;c\u2019est-\u00e0-dire le moment o\u00f9 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 produite peut \u00eatre vendue&nbsp;\u2013 ne cessent de s\u2019allonger. <em>\u00ab&nbsp;Il y a une file d\u2019attente de cinq ans en France pour \u00eatre raccord\u00e9 au r\u00e9seau&nbsp;\u00bb<\/em>, dit C\u00e9dric Philibert. Les m\u00eames probl\u00e8mes existent dans d\u2019autres pays comme l\u2019Allemagne ou la Grande-Bretagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces retards ne sont pas dus \u00e0 une mauvaise volont\u00e9 ou \u00e0 des lenteurs administratives&nbsp;: il y a des r\u00e9alit\u00e9s physiques et industrielles qui font mauvais m\u00e9nage avec les annonces politiques calqu\u00e9es sur l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 des march\u00e9s financiers. Il faut du temps pour renforcer un r\u00e9seau, accueillir de nouvelles productions&nbsp;: cela signifie d\u00e9ployer des c\u00e2bles sous-marins, de nouvelles lignes \u00e0 haute et moyenne tension, de nouvelles interconnexions, des transformateurs, des stations interm\u00e9diaires. Autant de contingences souvent n\u00e9glig\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pendant ce temps, les compteurs financiers tournent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Choc inflationniste<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est le grand reproche de tout le secteur&nbsp;: les gouvernements, quels qu\u2019ils soient, n\u2019ont pas pris la mesure des ruptures qui sont intervenues au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Prenant tr\u00e8s rapidement acte de la baisse tendancielle des co\u00fbts de production de l\u2019\u00e9olien, les pouvoirs publics se sont empress\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es de diminuer les prix garantis dans les appels d\u2019offres lanc\u00e9s pour construire de nouveaux champs. <em>\u00ab&nbsp;Jusqu\u2019\u00e0 aller \u00e0 des ench\u00e8res n\u00e9gatives invers\u00e9es aux \u00c9tats-Unis&nbsp;\u00bb<\/em>, s\u2019indigne C\u00e9dric Philibert.<\/p>\n\n\n\n<p>Les prix de garantie de rachat, n\u00e9goci\u00e9s il y a deux ou trois ans, sont intenables, explique le cabinet de conseil en \u00e9nergie Wood Mackenzie. Derni\u00e8rement, des investisseurs de projets d\u2019\u00e9nergie renouvelable, essentiellement du solaire et de l\u2019\u00e9olien, cens\u00e9s fournir 70&nbsp;% de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 consomm\u00e9e dans l\u2019\u00c9tat de New York en 2030, ont tent\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2023\/10\/12\/nyregion\/wind-farm-subsidies.html?searchResultPosition=25\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">d\u2019obtenir 12 milliards de subventions<\/a> suppl\u00e9mentaires aupr\u00e8s des autorit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat pour les soutenir. Celles-ci ont refus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres ont essay\u00e9 de faire changer les prix garantis inscrits dans les appels d\u2019offres qu\u2019ils avaient remport\u00e9s. Au moins de les indexer sur l\u2019inflation. Ils ont essuy\u00e9 les m\u00eames fins de non-recevoir. Alors que le co\u00fbt de la vie est devenu un sujet politique partout dans le monde, les pouvoirs politiques affichent le m\u00eame souci d\u2019offrir une \u00e9nergie abordable \u00e0 tous. Mais dans le m\u00eame temps, ils veulent soutenir la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Le tout en s\u2019appuyant sur les lois du march\u00e9. On conna\u00eet la suite&nbsp;: quelque chose doit c\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Bras de fer avec les gouvernements<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Un vrai bras de fer s\u2019est engag\u00e9 entre le monde politique et le secteur. Refusant d\u2019assumer plus de pertes, les investisseurs et les fournisseurs renoncent de plus en plus \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles installations jug\u00e9es non profitables. Ils pr\u00e9f\u00e8rent avoir \u00e0 assumer des pertes et des d\u00e9pr\u00e9ciations d\u2019actifs pouvant se chiffrer parfois \u00e0 plusieurs centaines de millions de dollars, plut\u00f4t que d\u2019avoir \u00e0 porter un projet \u00e9olien qui ne semble pas rentable sur le long terme.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autant que ces derniers sont de plus en plus chers. <em>\u00ab&nbsp;Les meilleures localisations sont d\u00e9j\u00e0 prises&nbsp;\u00bb<\/em>, dit C\u00e9dric Philibert. Les nouvelles fermes sont appel\u00e9es \u00e0 \u00eatre \u00e9rig\u00e9es de plus en plus loin, dans des environnements de plus en plus difficiles. On parle d\u00e9sormais de fermes d\u2019\u00e9oliennes flottantes, qui ne s\u2019appuient plus sur le plateau continental sous-marin, \u00e0 l\u2019instar des plateformes p\u00e9troli\u00e8res <em>offshore<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de toute candidature \u00e0 l\u2019appel d\u2019offres lanc\u00e9 par les autorit\u00e9s britanniques a toutefois cr\u00e9\u00e9 un \u00e9lectrochoc&nbsp;: la Grande-Bretagne est un des pays qui a le plus d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019\u00e9olien en mer (il assure environ 13&nbsp;% de sa production \u00e9lectrique) et qui a le plus de nouveaux projets. Mais \u00e0 60-65 livres (70-75 euros) le MWh, la garantie de rachat a sembl\u00e9 d\u00e9risoire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019avertissement semble avoir \u00e9t\u00e9 entendu. <em>\u00ab&nbsp;Nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9coute des pr\u00e9occupations des industriels du secteur&nbsp;\u00bb<\/em>, a expliqu\u00e9 un porte-parole du gouvernement britannique. De nouveaux appels d\u2019offres pourraient \u00eatre lanc\u00e9s autour de 80-85 livres le MWh. La r\u00e9ponse, cependant, n\u2019est pas suffisante &nbsp;: c\u2019est un vrai cadre r\u00e9gul\u00e9, assurant \u00e0 la fois une visibilit\u00e9 pour les investisseurs et les industriels et un prix abordable pour les consommateurs, qu\u2019il convient d\u2019imaginer et de reconna\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Le pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019industrie solaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La remarque en a glac\u00e9 plus d\u2019un. D\u2019autant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 faite par un des repr\u00e9sentants de BASF. Comme de nombreux grands industriels allemands, le conglom\u00e9rat de chimie a des projets de fermes \u00e9oliennes en mer du Nord, pour produire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 bon march\u00e9, transport\u00e9e sur des centaines de kilom\u00e8tres jusqu\u2019\u00e0 ses sites industriels \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, pour remplacer ses centrales thermiques et le gaz russe.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le groupe s\u2019appr\u00eate \u00e0 investir des centaines de millions d\u2019euros dans ces nouveaux approvisionnements, le pr\u00e9sident de BASF Martin Brudem\u00fcller enterrait l\u2019industrie \u00e9olienne europ\u00e9enne <a href=\"https:\/\/www.faz.net\/aktuell\/wirtschaft\/basf-chef-martin-brudermueller-die-chinesen-sind-besser-als-wir-19305572.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">dans un entretien publi\u00e9 par le <\/a><a href=\"https:\/\/www.faz.net\/aktuell\/wirtschaft\/basf-chef-martin-brudermueller-die-chinesen-sind-besser-als-wir-19305572.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>Frankfurter Allgemeine Zeitung<\/em>.<\/a> <em>\u00ab&nbsp;Les Chinois sont techniquement meilleurs que nous et ils sont aussi moins chers&nbsp;\u00bb<\/em>, affirmait-il, estimant que la technologie europ\u00e9enne dans l\u2019\u00e9olien est <em>\u00ab&nbsp;d\u00e9j\u00e0 partie&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Va-t-on assister \u00e0 une r\u00e9p\u00e9tition de ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans l\u2019industrie solaire europ\u00e9enne&nbsp;? Les Europ\u00e9ens vont-ils \u00e0 nouveau sacrifier tout un secteur au nom de profits \u00e0 court terme, quitte \u00e0 regretter par la suite de s\u2019\u00eatre mis sous d\u00e9pendance chinoise&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que redoutent tous les industriels europ\u00e9ens. <em>\u00ab<\/em>&nbsp;<em>Les industriels chinois b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un tr\u00e8s grand march\u00e9, du soutien de leur gouvernement, d\u2019une comp\u00e9titivit\u00e9 entretenue par le non-respect des normes sociales et environnementales. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019<\/em>Inflation Reduction Act <em>(IRA), les industriels am\u00e9ricains ont le soutien du gouvernement am\u00e9ricain, qui pr\u00e9voit des<\/em> <em>contenus<\/em> <em>locaux. En Europe, on en est toujours \u00e0 la concurrence libre et non fauss\u00e9e. Dans les appels d\u2019offres, le seul crit\u00e8re retenu est toujours le moins-disant&nbsp;\u00bb<\/em>, explique Mattias Vandenbulcke.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab<\/em> <em>Les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les Europ\u00e9ens font que les fabricants chinois de turbines sont en train de prendre des commandes. Ils proposent des turbines moins ch\u00e8res, des crit\u00e8res plus l\u00e2ches et des conditions financi\u00e8res inhabituelles&nbsp;\u00bb<\/em>, rel\u00e8ve de son c\u00f4t\u00e9 l\u2019association WindEurope, qui regroupe les acteurs europ\u00e9ens du secteur. Avant de pr\u00e9venir&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Le risque est r\u00e9el que l\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne se fasse en Chine et non en Europe.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La Commission europ\u00e9enne assure avoir entendu les diff\u00e9rentes mises en garde. Elle a adopt\u00e9 en octobre un <a href=\"https:\/\/ec.europa.eu\/commission\/presscorner\/detail\/en\/ip_23_5185\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><em>\u00ab&nbsp;European Wind Power Action Plan&nbsp;\u00bb<\/em><\/a>, afin que <em>\u00ab<\/em>&nbsp;<em>l\u2019\u00e9olien continue \u00e0 \u00eatre un succ\u00e8s europ\u00e9en&nbsp;\u00bb.<\/em> <em>\u00ab&nbsp;En l\u2019espace de deux ans, l\u2019Europe a perdu son leadership, alors que le plus grand march\u00e9 mondial pour l\u2019\u00e9olien est en Asie. Cette tendance commence \u00e0 \u00eatre visible en Europe m\u00eame. La pression des concurrents internationaux grandit. Ces acteurs peuvent s\u2019appuyer sur de larges march\u00e9s domestiques et des formes vari\u00e9es de soutiens gouvernementaux&nbsp;\u00bb<\/em>, a expliqu\u00e9 Kadri Simson, commissaire europ\u00e9enne \u00e0 l\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce plan doit \u00eatre discut\u00e9 cette semaine au Parlement europ\u00e9en. Il pr\u00e9voit de soutenir les technologies totalement d\u00e9carbon\u00e9es. Il fixe comme objectifs de produire 40&nbsp;% des d\u00e9veloppements annuels dans les technologies d\u00e9carbon\u00e9es d\u2019ici \u00e0 2030 et d\u2019atteindre 25&nbsp;% de ce march\u00e9 mondial. Mais pour l\u2019instant, aucun changement de doctrine n\u2019a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9, aucun moyen n\u2019a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>\u00c0 l\u2019ombre des majors p\u00e9troli\u00e8res<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il est un autre risque plus discret qui plane sur le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9olien&nbsp;: celui de la mainmise des majors p\u00e9troli\u00e8res sur le secteur. Depuis deux ou trois ans, souvent sous la pression de leurs actionnaires, les grands groupes p\u00e9troliers, \u00e0 commencer par BP, Shell, TotalEnergies, se sont lanc\u00e9s dans le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9olien <em>offshore<\/em>. Ce dernier figure comme un axe de leur politique en r\u00e9ponse aux accusations port\u00e9es contre leurs activit\u00e9s polluantes, responsables en partie des d\u00e9r\u00e8glements climatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Un puits de p\u00e9trole pr\u00e8s d\u2019un champ d\u2019\u00e9oliennes, le 4 octobre 2023 \u00e0 Nolan, Texas. \u00a9&nbsp;Photo Brandon Bell \/ Getty Images via AFP<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leur puissance financi\u00e8re et \u00e0 leurs connaissances des risques acquises par les explorations et exploitations p\u00e9troli\u00e8res <em>offshore<\/em>, ils ont la capacit\u00e9 de se lancer dans les projets les plus lourds et les plus ambitieux.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, TotalEnergies et BP ont rafl\u00e9 les derniers appels d\u2019offres \u00e9oliens en Allemagne. BP a encore de grands projets en mer du Nord au large des c\u00f4tes britanniques. TotalEnergies a sign\u00e9 pour un large projet au large du New Jersey. Ils peuvent en assumer les risques&nbsp;: m\u00eame si cela ne lui a pas fait plaisir, Shell, \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019autres acteurs de l\u2019\u00e9olien, a accept\u00e9 sans broncher d\u2019assumer 2 milliards de dollars de d\u00e9pr\u00e9ciations d\u2019actifs sur un projet sur la c\u00f4te est des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les grands groupes p\u00e9troliers, ces investissements sont tout b\u00e9n\u00e9fice. Ces fermes \u00e9oliennes leur permettent de compenser en partie leurs \u00e9missions de CO<sub>2<\/sub>. Ils montrent leur engagement dans la transition \u00e9cologique et r\u00e9pondent ainsi aux nouvelles normes environnementales et sociales (ESG) exig\u00e9es par les investisseurs financiers, au nom de <a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/international\/050220\/reforestation-tigre-virtuel-marche-carbone-les-mirages-de-la-finance-verte\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la finance verte<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais en \u00e9tant au centre du syst\u00e8me, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme exploitants des \u00e9nergies fossiles, de l\u2019autre comme grands acteurs de l\u2019\u00e9olien, ils sont en position de ma\u00eetriser totalement le calendrier, de fixer le rythme de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9olien, selon leurs int\u00e9r\u00eats. Car leur conversion aux \u00e9nergies renouvelables n\u2019est que de fa\u00e7ade. Ils le disent tous, et leurs investissements le prouvent&nbsp;: le p\u00e9trole est appel\u00e9 \u00e0 avoir un tr\u00e8s, tr\u00e8s long avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>mediapart<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce devrait \u00eatre l\u2019\u00e2ge d\u2019or du secteur \u00e9olien.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1085","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1085","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1085"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1085\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1086,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1085\/revisions\/1086"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1085"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1085"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/escrebieux-environnement.fr\/site\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1085"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}