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  • Démocratie et Transition

    Les associations de protection de l’environnement en appellent aux groupes parlementaires

    Au nom de la protection de l’environnement, indissociable du droit des citoyens à participer à celle-ci,
    Au nom de l’urgence climatique, indissociable d’une protection effective et durable de la biodiversité, des espèces et de leurs habitats,

    Pour tous les projets d’aménagement majeurs dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie relevant de l’autorisation au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), des infrastructures de transports, et pour tous les projets majeurs relevant de la gestion des ressources vitales telles que l’eau, les métaux et matériaux du sol, ou encore les déchets,

    nous demandons :

    • une révision de la loi Industrie verte sur ses dispositions tendant à restreindre l’application du code de l’environnement 
    • une abrogation des décrets publiés au Journal officiel les 6 et 7 juillet 2024.
    • le rétablissement du 1er niveau de justice administrative et des délais de recours pour tout type d’aménagement pouvant avoir un impact sur les écosystèmes vivants.
    • le rétablissement des enquêtes publiques matérialisées pour tous les projets.
    • l’obligation de rendre publique un rapport présentant la synthèse des avis émis lors des consultations dématérialisées et la justification des décisions prises. ….
    • l’obligation de rendre accessible les documents déposés par tout porteur de projet d’aménagement, y compris les « portés à connaissance », dans des délais permettant au public de les analyser 
    • la création d’un Défenseur de l’Environnement

    Pour lire la lettre aux parlementaires :

    https://toutesnosenergies.fr/wp-content/uploads/2024/07/Democratie-et-Transition_juillet-2024_motion-groupes-parlementaires.pdf

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    https://toutesnosenergies.fr
  • Éoliennes qui tuent les oiseaux

    Après la découverte fortuite de 69 cadavres de volatiles dans le parc éolien du Gothard en juin 2021, un biologiste continue de mener l’enquête, mais l’exploitant s’y oppose.

    Le bilan final de la découverte est de 86 oiseaux morts. Il est possible qu’il y en ait eu davantage.

    Les problèmes liés à la protection des oiseaux sont bien plus importants que ne le prétendent les promoteurs.

    https://www.24heures.ch/les-eoliennes-tuent-les-oiseaux-700498425556

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    Un article paru sur le site de l’association Vent des Noues

  • Troubles dans les élevages

    Une histoire qui date mais toujours d’actualité

    La cour d’appel de Rennes ordonne une expertise des câbles enterrés sur le parc éolien des Quatre Seigneurs à Nozay

    Le 21 mars 2023, la cour d’Appel de Rennes ordonnait l’expertise judiciaire des câbles reliant les 8 éoliennes du parc de Nozay en Loire-Atlantique au poste source.

     Depuis plus de 10 ans plusieurs agriculteurs vivant à proximité de ce parc, dont les plus médiatiques Muriel et Didier Potiron qui ont vendu depuis leur exploitation (à un céréalier) et Céline Bouvet toujours exploitante à Nozay dénoncent des nuisances sanitaires inacceptables qu’ils imputent à la présence du parc tout proche et des câbles électriques enfouis dans le sol.

    L’arrêt rendu par la cour d’appel décrit dans le détail les pertes subies par les élevages ainsi que la longue liste des expertises qui se sont déroulées depuis 2013.

    Chronologie

    En juillet 2012 Les époux Potiron signe un bail emphytéotique pour des parcelles du futur parc éolien

    En juin 2013, le parc situé à 700m de l’exploitation des époux Potiron est fini de construire et opérationnel

    Dès Octobre 2013, le couple ainsi que leurs voisins dénoncent « des troubles touchant leur bétail (mammites à répétition, baisse de la production de lait, comportements anormaux des animaux, dégradation sanitaire du troupeau, retard de croissance des jeunes animaux, le tout ayant entraîné des pertes très importantes de chiffre d’affaire, une augmentation tout aussi importante des frais vétérinaires, puis une perte de plus de 400 bêtes sur 10 ans…), outre des troubles du sommeil et des insomnies pour les personnes. »

    La chambre d’agriculture, le GPSE, le ministère de l’écologie sont alertés et vont mener des expertises pendant de nombreuses années. En 9 ans, les éleveurs comptabilisent plus de 500 bêtes mortes qu’ils imputent à la présence du parc.

    En 2017 une action est menée par les éleveurs devant le tribunal de grande instance de Nantes contre l’exploitant du parc, demandant l’annulation du bail emphytéotique et une demande d’indemnisation pour trouble anormal de voisinage. Cet action est toujours en cours.

    En Février 2021, paraît un rapport interministériel (ministères de L’Environnement et de l’Agriculture).

    La mission dans ce rapport reconnaît la concomitance des troubles dans les élevages depuis la construction du parc éolien. Or, les troubles indiqués dépassent les 500 vaches mortes. La mission relève également qu’elle a été saisie d’informations sur des problèmes sanitaires humains. Les auteurs rajoutent que la problématique humaine n’a pas été traitée, car il manquait le ministère de la Santé comme composante à la mission. Ce rapport préconisait un arrêt du parc pendant 10 jours.

    Malgré la demande du ministère de la Transition écologique, l’exploitant du parc éolien, le fonds allemand KGAL qui pèse plus de 20 milliards d’€, s’est opposé à un arrêt-test de 10 jours.

    En Aout 2021, M. et Mme. Potiron et leur voisine Céline Bouvet, assignent l’exploitant KGAL et Enedis en référé devant la Cour d’Appel de Rennes à des fins d’expertise sur les câbles, les différentes liaisons au poste source, l’impact des ondes électromagnétiques sur les animaux d’élevage, la présence, entre autre, de courant électrique vagabond…

    En Novembre 2021, le juge des référés accepte la demande et nomme un expert chargé de répondre sur une vingtaine de points.

    En janvier 2022 l’exploitant allemand KGAL interjette l’appel, demandant qu’une expertise soit effectuée pour vérifier la bonne tenue des troupeaux des éleveurs et qu’ils soient déboutés de leur demande d’expertise.

    Troubles et nuisances

    Le 21 mars 2023 le juge confirme la demande des éleveurs. Pour appuyer leur demande d’expertise les époux Potiron et leur voisine mettent en avant les différents points listés ci-dessous (Liste intégralement tiré de l’arrêt de la Cour d’appel de Rennes):

    Les problèmes de baisse de production du lait et de comportement anormal et agité des vaches sont apparus sur l’exploitation dès la fin de l’année 2012 correspondant à l’implantation des éoliennes et se sont particulièrement aggravés au moment des travaux de câblage, réalisés dans des zones d’inondations fréquentes, et de leur mise en service quelques mois plus tard à partir de la mi-2013, ainsi :

    • le vétérinaire évoque au cours de l’année 2013 une baisse manifeste de l’état immunitaire du troupeau,
    • Les vétérinaires conseils, dans un rapport du 20 mai 2015, font état d’une production de lait qui a chuté depuis le 4ème trimestre 2012 et des conditions de traite (qui) se sont très fortement détériorées avec des vaches qui expriment une réaction physique à une agression depuis juin 2013,
    • Le relevé de conclusions d’une réunion organisée par la préfecture sur le parc éolien le 13 janvier 2016 fait état des incidents de traite [qui] sont à des taux ‘normaux’ avant le 28 juin 2013 (date de la mise en service progressive du parc éolien), aux alentours de 12 %’ et qui ‘sont en croissance forte à partir du 2 juillet 2013, entre 16 % et 30 %,
    • Mme [Y], experte en médecine vétérinaire, professeur émérite à l’école nationale vétérinaire de …, expert du Groupe Permanent pour la Sécurité Electrique fondé dans les années 2000 par EDF sous l’égide du ministère de l’Agriculture pour évaluer l’impact des courants vagabonds sur les élevages (GPSE), a conclu dans un rapport du 26 février 2015 que : ‘Les animaux de ce troupeau présentent des troubles de comportement indiscutables dont les conséquences doivent être matérialisées sur la base de données chiffrées qui permettront d’établir si la dégradation des résultats est effectivement concomitante de l’installation des éoliennes, il faut effectivement reconnaître qu’au vu de cette première visite, la conduite du troupeau n’a pas été modifiée en 2012- 2013. L’élevage est actuellement victime d’un cercle vicieux, les éleveurs étant dans l’obligation d’augmenter l’effectif pour produire suffisamment de lait, au détriment des conditions de traite et d’élevage. Les investigations électriques réalisées par M. [R] mettent en évidence des anomalies qui doivent être corrigées.’

    Le rapport du 20 mai 2015 du protocole GPSE met en évidence la véracité des dires et observations de M. Potiron permettant d’établir que :

    • 40% des vaches refusent d’aller spontanément à la traite,
    • les vaches sont très agitées pendant la traite,
    • les vaches produisent des quantités de lait variant du simple au triple d’une journée sur l’autre pour nombre d’entre elles,
    • les vaches refusent par moment de rentrer dans le bâtiment.
    • le rapport de M. [U] en date du 31 mars 2016 présente une analyse statistique qui établit une corrélation qu’il considère comme forte (supérieure à 50 %) pour des conditions d’élevage soumises à de nombreux autres facteurs.

    Cette corrélation est établie entre le fonctionnement du parc éolien, la production d’électricité et les chutes accidentelles des gobelets trayeurs en cours de traite, cet indicateur est révélateur du stress et de l’inconfort des animaux.

    Cette corrélation est proportionnelle à la production électrique au cours des deux premiers mois de fonctionnement du parc éolien, soit juillet et août 2013. Par la suite, cette proportionnalité disparaît n’excluant pas un effet non proportionnel entre production électrique et comportement des vaches.

    Nous ne pouvons exclure que des animaux soumis au stress irrégulier et aléatoire, adoptent au cours du temps une attitude constante de méfiance, puisque qu’ils ne sont pas capables d’anticiper les conditions de traite et l’ambiance dans le bâtiment. Il faut aussi rappeler que les incidents de traite ont débuté dès les travaux de mise en place des éoliennes. Cette période n’entre pas dans l’analyse statistique de corrélation entre production électrique et anomalies puisqu’évidemment la production n’avait pas débuté. (rapport GPSE)

    En avril 2017, le conseiller référent à Elevage Conseil Loire Anjou atteste de l’observation de montée de production laitière lors de l’arrêt accidentel du parc éolien. Ce parc s’est arrêté le 28 février 2017 à 14h00 et il a redémarré le 4 mars 2017 vers 9h00.

    Il a été constaté pendant la période d’arrêt :

    • Une augmentation de la production laitière de + 2,7 %,
    • Une forte augmentation de la fréquence du robot de + 143 %,
    • Une forte diminution du nombre de traites incomplètes de – 62 %,
    • Une stabilité du nombre de traites avec chutes,

    Cette amélioration des performances d’élevage et du comportement des animaux au cours de l’arrêt des éoliennes s’est rapidement dégradée lors de la remise en service du parc éolien.

    Dans un courrier du 30 juin 2020, Mme [Y] confirme dans les termes suivants : Il est indiscutable, pour moi et les autres membres du GPSE impliqués dans ces dossiers, que l’implantation des éoliennes en 2012 et leur mise en service en juin 2013, a eu un impact négatif sur le comportement des vaches, en particulier lors de la traite, et sur leur production de lait. Nos conclusions sont confortées par le fait que les difficultés se sont déclarées au même moment dans les deux élevages dont le fonctionnement était auparavant tout à fait normal.

    Si la concordance des troubles avec la mise en service des installations électriques et, inversement, leur disparition dans les périodes d’arrêt desdites installations, ne sont pas contestées, ni du reste contestables eu égard à leur objectivation, une des pistes possibles est donc celle du phénomène des courants parasites, également appelés ‘courants vagabonds’ ou ‘courants de fuite’, qui sont des courants électriques émis par les lignes électriques et qui se propagent à travers le sol via des éléments conducteurs, tel que les eaux souterraines, la nature des sols, puis les installations d’élevage en structure métallique ou les équipements électriques et électroniques qui en favorisent la circulation (abreuvoirs, mangeoires, clôtures, etc…).

    Autre cas particulier : la zone dans laquelle se situe l’exploitation, est particulièrement humide et riche en cours d’eau qui sont susceptibles de favoriser les phénomènes de courants vagabonds. La mortalité s’est élevée à plus de 400 bêtes sur une période de 10 années, soit plus de 40 bêtes par an, ce qui est considérable au regard des normes habituelles (de 10 à 15 par an pour un troupeau de la taille de celui de M. et Mme. [A]).

    Enfin Le Mouvement de la Ruralité qui soutient les éleveurs de Nozay publie le 6 avril sur son site internet, l’intervention au pied des éoliennes 15 jours après la décision de la cour d’appel de Rennes en dit long sur la probité et le respect de l’exploitant vis à vis de la loi française et des éleveurs.

  • L’éolien industriel en France en 2021

    Depuis une dizaine d’années, le développement de l’éolien industriel va crescendo, parallèlement à celui du solaire photovoltaïque, dans la dynamique des énergies dites « renouvelables », ou « vertes », non sans problèmes, contradictions, ambiguïtés et confusion.

    De nombreux inconvénients associés à l’industrie éolienne ont été signalés depuis longtemps, en particulier par des députés, des sénateurs, la Cour des comptes, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’Office français de lutte contre la corruption et l’Académie de Médecine.

    Il serait possible de considérer que ces « inconvénients » sont le prix à payer, pour atteindre les objectifs de la loi « relative à la transition énergétique pour la croissance verte » du 18 août 2015, soit notamment « réduire les émissions de gaz à effet de serre » et « porter la part du nucléaire à 50 %.

    Cependant, les faits démontrent que l’éolien industriel (et avec lui le solaire photovoltaïque) ne permettra pas d’atteindre ces objectifs.

    – D’une part, car la production de gaz à effet de serre liée à la production d’électricité n’est pas significative en France : les leviers d’actions sur cette problématique se trouvent principalement sur la consommation de pétrole (transports, logements et pratiques agricoles).

    – D’autre part compte tenu de trois caractéristiques fondamentales qu’aucune technologie fiable ne peut compenser : l’électricité ne se stocke pas, sa production est intermittente et elle n’est pas pilotable ; elle nécessite donc le recours régulier et fréquent aux autres modes de production.

    Les données publiées par RTE démontrent clairement que (1) :

    – En 2020, les 10 000 éoliennes (environ) installées n’ont produit que 7,9 % d’électricité (6,3 % avec 8000 éoliennes en 2019)

    Les 15 000 éoliennes prévues dans le futur parc éolien de 2028 (dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie -PPE-) ne produiront que 15 % d’électricité.

    Cela s’explique par le « facteur de charge » (2) qui n’est que de 26 % (2020).

    Ces données indiquent que 55 000 éoliennes de 3 mégawatts (MW) seraient nécessaires pour produire l’équivalent de ce que permet le parc nucléaire ; et que les Français devraient accepter de ne disposer d’électricité qu’un jour sur cinq en moyenne…

    En 2020, EDF a vendu, souvent à perte, plus d’électricité aux pays interconnectés que n’en a produit la filière éolienne. EDF est dans l’obligation d’acheter l’électricité « éolienne » au prix de 7 à 8 centimes d’euros le kWh (lorsque, dans un même temps, elle est dans l’obligation de vendre le quart de sa production à ses propres concurrents au prix de 4,5 centimes d’euros le kWh du fait de dispositions européennes relatives aux règles de concurrence).

    Malgré ces piètres résultats, le gouvernement continue sur la lancée de ses prédécesseurs l’application de la loi de 2015, avec la mise en place de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) engagée par le décret du 21 avril 2020 prolongeant et amplifiant ainsi les nombreux inconvénients liés à cette industrie, et rappelés à maintes reprises dans l’indifférence quasi générale.

    1. « Nuisances de voisinage » : Bruit, infrasons (sons inaudibles par l’oreille humaine), effet stroboscopique (alternance lumière/ombre) et clignotements rouges la nuit et blancs le jour, à l’origine du « syndrome éolien » reconnu par l’Académie de Médecine. Des dommages sur des animaux sont également constatés (élevages bovins en particulier)…

    2. Aspect écologique : Soulignons le gigantisme de ces éoliennes qui mesurent maintenant de 165 mètres (soit la moitié de la Tour Eiffel) à 200 mètres (soit la hauteur de la Tour Montparnasse), voire plus. Seuls quelques éléments (nacelle, pales) sont fabriqués en France, comme l’a souligné la Cour des comptes dans son rapport de 2018.

    – Leur conception, leur construction, leur installation, puis les conditions de leur démantèlement ne sont en rien « écologiques ».

    – L’impact sur les oiseaux et les chauves-souris est démontré.

    – L’importante emprise au sol conduit à la destruction de terres agricoles, lesquelles seront à jamais encombrées par les restes des fondations après les démantèlements.

    – La destruction des paysages et de l’environnement est patente : Tout est dit ou presque par la ministre de l’environnement elle-même, le 18 février 2020 : « (…) Il y a des emplacements de parcs éoliens en covisibilité avec des monuments historiques.(…) On a des territoires dans lesquels on a une dispersion de petits parcs de taille et de forme variables qui donnent une saturation visuelle, voire une situation d’encerclement autour de certains bourgs qui est absolument insupportable ».

    Cela avec de graves conséquences

    – Sur le patrimoine écologique, touristique et culturel.

    – Sur la valeur immobilière des propriétés voisines comme l’indique l’Administration fiscale.

    3. Aspect économique et financier

    La Cour des Comptes a écrit : « L’évaluation de la politique de soutien financier apporté par l’État aux éoliennes aboutit à un constat d’échec. Le soutien mis en œuvre depuis 2001 est onéreux, déséquilibré, peu efficace (…) ».

    En effet :

    – Le coût du développement éolien s’élèverait en 2028 à 90 milliards d’euros, pour 15 % d’électricité seulement.

    – Les promoteurs de l’éolien bénéficient de nombreux abattements et exonérations sur les taxes appliquées aux autres industries.

    4. Aspect juridique par un ensemble de dérogations ciselées sur mesure

    – Santé et troubles de voisinage :

    Non-respect du principe de précaution qui a pourtant valeur constitutionnelle (non prise en compte des recommandations de l’Académie de médecine relatives aux distances entre les parcs éoliens et les habitations) Dérogation au code de la santé publique en ce qui concerne le seuil d’infraction sonore, avec dispense de la mesure et de la limitation des bruits de basse fréquence (dits « infra sons »)

    – Environnement : Dérogation aux principes et aux règles de préservation des espaces naturels, ainsi qu’à l’interdiction de détruire ou de déranger des d’espèces animales protégées.

    – Droits de recours administratifs :

    Dérogation au principe de double degré de juridiction. Depuis fin 2018, le contentieux est jugé en premier et dernier ressort par les cours administratives d’appel (CAA), les tribunaux administratifs n’étant plus compétents, ce qui revient à supprimer la possibilité d’appel.

    En ce qui concerne l’éolien en mer, un projet de loi prévoit que le Conseil d’État serait compétent en premier et dernier ressort.

    Limitation des possibilités de stratégie des plaignants par la « Cristallisation des moyens » (entendre « arguments ») lesquels doivent être déposés devant la CAA en bloc et en une seule fois.

    Caractère « léonin » des baux emphytéotiques

    L’exploitant locataire a la jouissance du terrain quasiment comme s’il en était le propriétaire et ce dernier peut par ailleurs se retrouver avec la charge du démantèlement à la fin du contrat (20 ans).

    Notons toutefois que, début 2021, des juridictions Judiciaires et Administratives ont condamné des promoteurs éoliens :

    En février, le tribunal d’instance de Montpellier a ordonné le démantèlement d’un parc de sept éoliennes situé à Lunas (Hérault) pour des enjeux de biodiversité (espèces protégées et site remarquable).

    En mars,

    la cour d’appel de Versailles a condamné sept sociétés éoliennes pour la destruction de faucons crécerelles sur des parcs éoliens du causse d’Aumelas (Montpellier) ;

    – le Conseil d’État a annulé un projet d’implantation de six éoliennes près de Mirambeau (Charente-Maritime), compte tenu de leur effet visuel sur les monuments historiques et de leur impact sur la migration des oiseaux ;

    – la Cour administrative d’appel de Marseille a jugé que les vingt-deux éoliennes récemment installées sur les contreforts de la Montagne Sainte-Victoire (Bouches-du-Rhône) sont illégales, car mises en place sans autorisation environnementale, étude d’impact et d’enquête publique.

    Conclusion et Perspectives

    – Une industrie en elle-même pas « écologique » du tout, avec notamment d’importants impacts négatifs sur l’environnement à toutes les étapes du cycle de vie des parcs éoliens et, en France en particulier, un effet très relatif sur le plan de la réduction des gaz à effet de serre : Aberration écologique !

    – Une énergie intermittente et non pilotable, nécessitant le recours régulier aux autres modes de production et s’y ajoutant, sans remplacer le nucléaire civil lequel, via « l’option hydrogène », en sortira au contraire renforcé à terme : Aberration énergétique !

    – Un système qui ne peut fonctionner que très largement subventionné, avec un engagement de sommes énormes au regard de la production elle-même très modeste, et de surcroît entre les mains de grandes entreprises du secteur pétrochimique et énergétique, ainsi que de grands groupes financiers y compris étrangers : Aberration économique et financière !

    – Des dérogations exorbitantes à d’importants dispositifs juridiques protecteurs de la santé humaine, de l’environnement et des droits du citoyen : Aberration juridique !

    Tout cela pour moins de 8 % d’électricité avec environ 10 000 éoliennes fin 2020 et, avec 15 000, 15 % seulement en 2028.

    Le cumul des inconvénients et des coûts au regard des résultats obtenus et envisageables à moyens et longs termes ne plaide pas en faveur du déploiement en cours.

    Un moratoire qui permettrait un bilan objectif et exhaustif a été demandé à plusieurs reprises au(x) gouvernement(s) par des parlementaires, sans succès jusque-là.

    En l’état actuel du développement de l’éolien industriel en France, en Europe et dans le monde, il serait temps en effet de faire le point et d’engager un vrai débat démocratique autour de la question : « quel monde pour demain ? »

    Les citoyens s’opposant à l’éolien industriel appellent de leurs vœux une démarche ouverte, collective et démocratique.

    Explications, détails, nuances et sources dans le « version longue » (40 pages) :

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    Notes

    1. RTE « Bilans électriques »

    Puissance installée : Mégawatts (MW) ; Gigawatt (GW)

    Production et consommation : Térawatt-heure (TWh)

    1. Le facteur de charge est le ratio entre l’énergie produite par une éolienne sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produite durant cette période si elle avait constamment fonctionné à pleine puissance. C’est une moyenne mensuelle calculée sur une année (il est de 70 % pour le nucléaire et de 7 à 15 % pour le solaire photovoltaïque -données 2020-).
  • Effet des courants électriques sur l’élevage 

    Un rapport remis au ministère de l’Agriculture fin avril 2024, s’intéressant à l’impact des antennes relais, installations électriques et des éoliennes sur les élevages, estime que de nouvelles études scientifiques sur le sujet seraient « particulièrement nécessaires ».

    https://www.ouest-france.fr/bretagne/effet-des-courants-electriques-sur-lelevage-la-recherche-est-desarmee-selon-un-rapport-7307c0b0-092e-11ef-943a-cd1e31449f57

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    « Notre production a baissé de 50 %» : dans cette commune d’Ille-et-Vilaine, les éoliennes dérangent

    Vendredi 22 mars 2024, la députée Mathilde Hignet et le sénateur Daniel Salmon ont visité l’exploitation agricole de la Feuvrais, à Crevin (Ille-et-Vilaine), près de Rennes. En attente de réponses et de solutions, agriculteurs et riverains, ont exprimé leurs inquiétudes à l’égard des éoliennes.

    https://www.ouest-france.fr/bretagne/crevin-35320/notre-production-a-baisse-de-50-pourcent-dans-cette-commune-dille-et-vilaine-les-eoliennes-derangent-a7a30eac-e9c5-11ee-9570-af8b9a83377d

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    Ille-et-Vilaine. Éoliennes et ondes magnétiques : trois députés à la rencontre d’agriculteurs

    Les députés Yves Daniel, Gaël Le Bohec et Nicole Le Peih ont visité, ce vendredi 3 juillet, deux exploitations agricoles à Crevin et Saffré, en Ille-et-Vilaine et en Loire-Atlantique. Ces fermes seraient impactées par des ondes électromagnétiques issues de parcs éoliens à proximité. Ils veulent avancer ce sujet de santé publique.

    https://www.ouest-france.fr/bretagne/ille-et-vilaine/ille-et-vilaine-eoliennes-et-ondes-magnetiques-trois-deputes-a-la-rencontre-d-agriculteurs-6893207

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    autres infos

    En fait, contrairement à ce que laisse suggérer le premier articles, il y a plein d’articles et d’études :

    https://duckduckgo.com/?q=%C3%A9olien+cr%C3%A9vin+impact+sur+les+animaux&atb=v314-1&ia=web
  • Le Conseil d’État annule l’autorisation d’un parc éolien

    Jeudi 18 avril 2024, le Conseil d’État a annulé l’autorisation accordée par la préfecture des Pyrénées-Orientales pour la création d’un parc de six éoliennes à Passa.

    Le Conseil d’État justifie sa décision en expliquant que « le projet de parc éolien n’apporterait qu’une contribution modeste à la politique énergétique nationale de développement de la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie dans un département qui ne souffre d’aucune fragilité d’approvisionnement électrique et compte déjà un grand nombre de parcs éoliens ».

    Le Conseil d’État décide :

    Article 1er : Les arrêts de la cour administrative d’appel de Toulouse du 8 décembre 2022 sont annulés.

    Article 2 : Les affaires sont renvoyées à la cour administrative d’appel de Toulouse.

    Article 3 : L’État et la société Parc éolien de Passa verseront solidairement une somme de 3 000 euros, d’une part, à la commune de Tordères et autres, d’autre part, à l’association  » Collectif le Vent tourne  » et autres.

    Article 4 : La présente décision sera notifiée à la commune de Tordères, première dénommée pour l’ensemble des requérantes du pourvoi n° 471141, à l’association  » Collectif le Vent tourne « , première dénommée pour l’ensemble des requérants du pourvoi n° 471146, à la société Parc éolien de Passa et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

    Délibéré à l’issue de la séance du 14 mars 2024 où siégeaient : Mme Isabelle de Silva, présidente de chambre, présidant ; M. Stéphane Hoynck, conseiller d’État et Mme Juliette Mongin, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, rapporteure.

    Pour lire le document complet :

  • A propos des législatives

    Le Rassemblement national milite toujours pour un moratoire sur l’éolien

    On avait cru comprendre que le RN était contre les éoliennes (comme Xavier Bertrand). Le RN évolue ! En tout cas, la nouvelle position est intéressante pour notre cause.

    En supposant l’arrivée du RN aux manettes, il faudra en profiter pour le leur rappeler.

    Marine Tondelier ne voudrait pas de centrales nucléaires mais plus d’éoliennes. le RN veut des EPR2 d’ici 2031 !

    Le problème est toujours le même – on tourne toujours autour du pot sans vouloir en parler : dans cet article reproduit ci-dessous, il est dit que la France va avoir besoin de plus d’électricité. Pourquoi donc ? Pourquoi a-t-on multiplié par quatre la production d’électricité entre 1970 et 2020 ? Pourquoi veut-on produire deux fois plus d’électricité encore d’ici 2035 ? La réponse n’est jamais donnée. C’est parce qu’on ne veut pas mettre en avant le fait que cette société se numérise très rapidement, se robotise … avec toutes les conséquences que chacun connait : surveillance accrue, pistage de chaque personne, diminution du nombre de postes de travail, surexposition des écrans chez les jeunes  (avec les conséquences également connues et mentionnées dans le rapport de la commission des experts en date du 30 avril : baisse du niveau intellectuel, harcèlement, cyberpornographie, cyberprostitution, obésité, myopie …), assujettissement de l’humain aux robots, développement de l’Intelligence Artificielle aux dépens de l’esprit humain.
    De cela, les partis politiques – TOUS les partis politiques – n’en parlent pas  car ils sont technophiles, à des degrés divers, et pensent que tout se résoudra avec des solutions technologiques !

    Par ailleurs, on nous sensibilise au problème par le biais des ménages. Les ménages doivent autoconsommer, les ménages doivent être sobres (vu le prix de l’électricité, c’est une évidence, une nécessité pour de nombreuses personnes !). Mais on ne parle pas du tout de la politique des entreprises très consommatrices d’énergies. On ne parle pas non plus de ces entreprises multinationales qui ne se gênent pas pour consommer de l’électricité et pour polluer, au détriment du climat.

    Il faut d’abord responsabiliser les individus, au besoin, les culpabiliser !

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    Article de La Croix

    Législatives 2024 : nucléaire et renouvelables, stop ou encore ?

    Le Nouveau Front populaire est divisé sur la relance du nucléaire et pourrait être tenté, une fois arrivé au pouvoir, de geler les décisions qui doivent pourtant être prises rapidement. Le Rassemblement national souhaite de son côté mettre en place un moratoire sur l’éolien.

    Le gouvernement actuel s’est engagé à construire d’abord six EPR2, par paires, puis huit autres ensuite, d’ici à 2050.

    Depuis quelques mois, les professionnels de l’énergie s’alarmaient du flou entretenu par le gouvernement sur la feuille de route des différentes filières, qui n’a pas été présentée au Parlement. Mais la dissolution de l’Assemblée et les élections législatives qui arrivent les laissent dans le brouillard le plus épais

    Des décisions doivent être prises rapidement

    Pour schématiser, le programme du Rassemblement national tétanise les promoteurs des renouvelables, tandis que celui du Nouveau Front populaire inquiète le milieu nucléaire. Dans les deux camps, de nombreuses incertitudes demeurent, même si des éclaircissements, au compte-gouttes, sont apportés par les candidats.

    Le Nouveau Front populaire ne compte « pas toucher au parc actuel du nucléaire », a ainsi déclaré, jeudi 20 juin, le député LFI sortant Éric Coquerel, devant les organisations patronales. Les décisions sont reportées « pour la suite, notamment à l’élection présidentielle », c’est-à-dire en 2027.

    De son côté, le 14 juin sur BFMTV, Marine Tondelier, la secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts, avait expliqué, qu’« on n’ouvre et on ne ferme pas de centrale nucléaire ni en cent jours ni en deux ans », car « l’argent qu’on ne va pas mettre dans ces EPR, qui sont une faillite financière, peut être mis ailleurs, parce que quand on construit des éoliennes, c’est moins cher et plus rapide et donc meilleur pour les finances publiques et pour résoudre plus vite la crise énergétique et climatique ».

    Des décisions doivent être prises rapidement

    Les divergences sont fortes au sein de la coalition de gauche sur le sujet énergétique. Les Verts et LFI sont contre le nucléaire, les communistes y sont favorables et les socialistes se situent entre les deux. Pour les responsables de la filière, cela n’augure rien de bon. Ils craignent qu’avec le retour de la gauche au pouvoir, un statu quo pour ne rien faire se mette en place, alors que tous les engagements de relance du secteur doivent maintenant être concrétisés dans les faits.

    Le gouvernement actuel s’est engagé à construire d’abord six EPR2, par paires, puis huit autres ensuite, d’ici à 2050. Les deux premiers seront réalisés à la centrale de Penly, avec une mise en service prévue autour de 2035, et les travaux préparatoires de génie civil ont déjà démarré.

    Chez EDF, l’inquiétude est très grande. « Il y a des décisions qui doivent être prises très rapidement par les pouvoirs publics, des procédures à valider, des programmes de formation à lancer », s’alarme un cadre. Les plans définitifs de conception de l’EPR2, par exemple, sont censés être adoptés dans les prochains mois.

    Mais l’accélération du programme nucléaire voulue par le Rassemblement national, qui plaide pour la construction de 20 EPR2, dont la moitié livrable à partir de 2031, est aussi jugée très risquée par les industriels du secteur. « Ce calendrier est intenable pour la filière qui doit d’abord se remettre d’aplomb », estime un expert du secteur.

    Menace de moratoire sur l’éolien

    Sur les renouvelables, le parti présidé par Jordan Bardella défend la géothermie et l’hydroélectricité et conditionne le développement du photovoltaïque à une production européenne. Selon lui, l’objectif d’atteindre une part croissante de renouvelables dans la production de l’électricité, fixé par l’Union européenne, et qui a valu à la France une amende l’an dernier, pour non-respect des objectifs fixés, n’a guère de sens.

    Selon lui, l’important est le contenu en CO2 de l’électricité. La France, grâce à son nucléaire, fait déjà la course en tête : 20 g de CO2 par kWh, au mois de mai, contre 304 g pour l’Allemagne.

    Pour le Rassemblement national, inutile donc de se précipiter. Il milite toujours pour un moratoire sur l’éolien, avec le démantèlement des installations les plus anciennes. « Nous sommes dans un État de droit, des autorisations ont été accordées et l’on ne peut pas démonter les turbines du jour au lendemain », estime-t-on à France Renouvelables, le syndicat de l’éolien, sans être pour autant très rassurés.

    Le parti justifie son opposition à cette énergie, parce qu’elle dénature les paysages, selon lui, qu’elle est intermittente et qu’elle coûte cher, environ 4 milliards d’euros par an. Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’éolien terrestre devrait pourtant rapporter 3 milliards d’euros cette année.

    La France va avoir besoin de plus d’électricité

    « Mais cela ne tient pas compte des coûts cachés, comme ceux supportés par RTE pour stabiliser le réseau qui supporte mal l’intermittence. L’éolien rapporte aussi parce que les prix de l’électricité sont élevés. Mais les moins à plaindre sont les exploitants. Ils profitent de tarifs de rachat, fixés par la CRE, très attractifs, autour de 87 €/MWh sur vingt ans. C’est ce qui leur permet d’afficher un résultat net équivalent à 40 % de leurs revenus, un niveau comparable à celui du luxe », estime Michel Faure, auteur d’une note sur le sujet pour la Fondation Concorde et grand pourfendeur de l’éolien.

    Un principe de réalité pourrait néanmoins s’imposer à l’avenir, estime Jules Nyssen, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), car la France va avoir besoin de plus en plus d’électricité et donc de capacités de production. « Les Français sont préoccupés par les questions climatiques et de souveraineté, ce qui passe par une réindustrialisation du pays. Sur ces trois sujets, les énergies renouvelables ont des réponses à apporter », souligne-t-il.

    Qu’ils soient de gauche ou de droite, les ménages continuent de plébisciter l’autoconsommation en mettant des panneaux sur leur toit. Au premier trimestre, 54 000 nouvelles installations ont été raccordées, selon les statistiques de France Territoire solaire, publiées le 19 juin.

    https://www.la-croix.com/economie/legislatives-2024-nucleaire-et-renouvelables-stop-ou-encore-20240620
  • Éoliennes et corruption

    Valérie Bernardeau est une femme en colère.

    Depuis des années, elle dénonce l’installation anarchique d’éoliennes dans sa région. Valérie habite le département de l’Aisne, dans les Hauts-de-France. Cette région, connue pour être la plus pourvue en éoliennes – plus de 2 500 aujourd’hui –, est aussi un haut lieu des batailles de la guerre de 14-18. Un des cimetières de la Première Guerre mondiale – la nécropole du Sourd sur la commune de Lemée – commence à être entouré d’éoliennes.

    Valérie Bernardeau soupçonne qu’on ait retrouvé des corps sur les lieux des travaux de parcs éoliens, et qu’on ait rebouché les trous… Dans cet entretien-reportage, elle dénonce notamment la généralisation des prises illégales d’intérêts.

    Malgré tout ce qui est dénoncé, «il n’y a jamais rien qui se passe ! ». « Je sais que je dérange, mais il faut qu’on se défende. » Il y a quelque temps, un individu non identifié a dévissé les roues de sa voiture…

    ⇒ Visionner la vidéo :

  • Quel impact des champs électromagnétiques sur les élevages ?

    Objet de débats passionnés depuis plusieurs dizaines d’années, la question de l’impact sur les activités d’élevage des antennes téléphoniques, installations électriques et éoliennes vient de faire l’objet d’une première étude auprès des éleveurs. Une mission du CGAAER décrypte ses résultats instructifs.

    Un exploitant sur deux répondant à l’enquête et élevant des vaches laitières déclare des perturbations sur ses animaux.

     « La protection des animaux domestiques et particulièrement d’élevage vis-à-vis des champs électromagnétiques ne semble pas prise en compte aussi fortement que celle de la faune sauvage », s’étonnent les auteurs du rapport « caractérisation de l’impact sur les activités d’élevage des antennes téléphoniques, installations électriques et éoliennes » publié le 25 avril. Diffusé sur le site du ministère de l’agriculture, il s’agit du résultat d’une mission lancée au niveau national et confiée à Thomas Clément, inspecteur général de santé publique vétérinaire, et Dominique Tremblay, inspecteur général.

    La protection des animaux d’élevage vis-à-vis des champs électromagnétiques ne semble pas prise en compte aussi fortement que celle de la faune sauvage 

    Au cœur de la mission : une enquête réalisée du 26 juin au 31 août 2023 et visant tous les éleveurs de France métropolitaine situés dans un périmètre de 2 km d’antennes relais, installations électriques et éoliennes, qui a permis de remonter 2483 questionnaires dont 1015 complets permettant « d’appréhender comme jamais la situation des élevages exposés », écrivent-ils.

    Champs électromagnétiques : que disent les 1015 éleveurs ayant répondu à l’enquête ?

    Plus de la moitié des 1015 réponses complètes proviennent de 3 régions : Bourgogne-Franche Comté, Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes.

    L’enquête révèle un taux de réponses indiquant des troubles anormaux sur des animaux très élevé voire le plus élevé dans les exploitations agricoles situées à moins de 2 km d’une antenne : 60% pour les vaches laitières, 34% pour les vaches allaitantes, 57% pour les porcs, 46% pour les petits ruminants et 31% pour les volailles.

    Les élevages laitiers signalent le plus de perturbations

    Dans l’ensemble ce sont les élevages laitiers qui signalent le plus de perturbations : avec 26,21% des réponses. Un exploitant sur deux répondant à l’enquête et élevant des vaches laitières déclare des perturbations sur ses animaux. 

    Un lien avancé entre les perturbations et la caractéristique physique du sol

    L’enquête révèle par ailleurs un lien dans les réponses entre une caractéristique physique particulière du sol (présence de veines d’eau, de failles, de cavités, de gisements métallifères) et une manifestation électromagnétique.

    Le rôle de géobiologues mis en avant

    Dans les élevages laitiers, sur 235 éleveurs indiquant des troubles de comportement de leurs vaches laitières, 53 affirment que ces troubles ont régressé après l’intervention d’un géobiologue, « dont la pratique est très contestée dans le milieu scientifique » soulignent les auteurs du rapport.

    Le sujet des troubles électromagnétiques touche fortement les éleveurs

    Les auteurs du rapport s’étonnent par ailleurs de commentaires laissés par 493 éleveurs, certains n’exprimant que de la révolte, de la lassitude, quand d’autres se révèlent très précis sur divers aspects techniques et pourraient être utiles à des chercheurs.

    Troubles de comportements, baisse de production et mortalité des animaux

    Concernant les perturbations sur le cheptel, les éleveurs citent dans les commentaires : des troubles de comportements (évitement de certains endroits, agitation, peur…), d’autres signes cliniques (baisse de la performance et de la production, problèmes de reproduction, pertes d’appétit et de consommation d’eau, niveau de celles dans le lait) ou encore la mortalité d’animaux.

    A travers les commentaires, les auteurs du rapport notent par ailleurs des demandes d’aide ou de contacts de la part des éleveurs, l’expression de pertes financières ou encore l’arrêt d’activité pour 18 d’entre eux.

    Lire aussi : Enedis reconnu coupable du comportement anormal de ses vaches, une victoire pour l’éleveur laitier

    Des éleveurs en détresse mais volontaires

    En complément de l’enquête sur internet, les auteurs soulignent avoir visité des élevages exposés dans les départements de la Somme, de la Manche, du Puy de Drôme, du Morbihan, des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine et s’être entretenus avec des éleveurs de la Sarthe, du Finistère, de la Haute Loire, du Gers et de l’Aisne. Ils témoignent avoir trouvé des éleveurs confrontés à des situations voire sociales très dégradées mais restant volontaires, désireux de partager leurs observations et analyses avec la recherche. Un certain nombre d’entre eux se sont même organisés et ont créé l’association Eleveurs autrement


    Cinq recommandations pour renforcer la recherche sur les champs électromagnétiques en élevage

    A l’issue de cette enquête, les auteurs émettent plusieurs propositions, recommandant entre autres :

    • D’encourager la recherche à explorer les pratiques développées sur le terrain par certains géobiologues pour en identifier les éventuels fondements scientifiques
    • De donner les moyens aux projets de recherches visant à actualiser les seuils de perception et les effets des courants parasites sur les animaux d’élevage 
    • D’améliorer les connaissances concernant à la fois la conductivité des sols et les propriétés de l’eau exposée aux courants électromagnétiques en prenant en compte les différentes sources pouvant les exposer simultanément
    • Faire une enquête plus approfondie auprès des exploitations touchées ayant laissé leurs coordonnées
    • Inclure des chercheurs du CNRS et du CEA dans le groupe de travail sur le sujet piloté par l’Inrae et regroupant le BRGM, l’Idele et le GPSE.

    Plus de moyens accordée à la faune sauvage et des demandes trop élevées aux éleveurs

    Alors que des dizaines de millions d’euros sont clairement orientés pour évaluer l’impact des antennes relais, installations électriques et éoliennes sur la faune sauvage, les équipes qui travaillent sur les animaux d’élevages peinent à financer leurs recherches, déplorent les auteurs de l’étude. « L’enquête réalisée montre que nombreux sont les éleveurs inquiets du potentiel impact néfaste d’une antenne relai, d’un équipement électrique ou d’une éolienne sur leur élevage, ou convaincus d’en subir déjà les conséquences », soulignent-ils encore ajoutant que « dans ce dernier cas, il est demandé aux éleveurs de démontrer scientifiquement l’origine des perturbations que leurs animaux subissent alors qu’ils n’en n’ont pas forcément les moyens, y compris financiers, d’autant que la science elle-même s’interroge toujours ».

    Retrouvez l’ensemble du rapport (152 pages)

    https://www.reussir.fr/sites/portail-reussir/files/2024-04/cgaaer_23024_rapport_final_25_janvier_2024_20240128_rapport_23024.pdf

    Relire : Pollutions électromagnétiques dans les élevages : une enquête nationale jusqu’au 31 août

    Lire aussi : En finir avec les courants électriques parasites

    Lire aussi : Champs électromagnétiques et élevages : étude menée à la ferme expérimentale de Derval

    Pour aller plus loin

    Effet des champs électromagnétiques sur les élevages : « une prise de conscience est nécessaire »

    Ondes électromagnétiques: des éleveurs engagent des procédures judiciaires

    [Mis à jour] L’éleveur laitier débranche l’antenne relais 4G soupçonnée de nuire à ses vaches… Orange la rebranche

    Ondes éléctromagnétiques : comment cinq éleveurs ont interpellé Marc Fesneau au Space

  • Les éoliennes et les vaches

    Cette question est posée en Bretagne

    Pascale Durand, éleveuse dans le sud de Rennes, soupçonne cinq éoliennes déployées à moins de 2 km de sa ferme d’avoir des effets néfastes sur ses vaches laitières. Un témoignage loin d’être isolé si l’on en croit un rapport rendu public fin avril 2024.

    En 1996, Pascale Durand devient agricultrice.
    Dix années s’écoulent « paisiblement » jusqu’en 2017 année où, explique-t-elle, le vent tourne. « C’est venu petit à petit : j’ai constaté des mammites que je n’avais jamais vues encore. Les bêtes ne mangeaient plus. Certaines génisses ont commencé à boiter. Certaines avaient la panse qui enflait. »

    Rapidement, les soupçons de l’agricultrice se portent sur le parc éolien voisin inauguré en 2017. Cinq éoliennes distantes d’un peu moins d’un kilomètre et demi. La nature du sol faciliterait la circulation de « courants vagabonds » ou parasites, qui seraient captés par les pattes des animaux.

    Preuve ultime, selon elle, que le responsable serait bien le parc éolien : la mise à l’arrêt provisoire des éoliennes en mai 2019. « Tout est revenu à la normale. La chute des cellules a été phénoménale ! » Les cellules sont un des critères utilisé pour juger de la qualité du lait. La quantité aussi serait affectée. En 2016, une vache produisait selon l’éleveuse autour de 30 litres par jour. En 2024, elle n’en fournirait que 17 litres au mieux.

    Pascale Durand n’est pas seule dans ce cas. 

    Un rapport remis au ministère de l’Agriculture en avril 2024 en témoigne d’ailleurs.

    Pascale Durand et les autres éleveurs réclament surtout des études scientifiques pour évaluer précisément l’impact des antennes téléphoniques, des installations électriques et des éoliennes sur les animaux d’élevage. Toujours dans le rapport d’avril 2024, les experts n’en demandent pas davantage.

    https://www.ouest-france.fr/bretagne/bretagne-pour-cette-eleveuse-les-eoliennes-seraient-dangereuses-pour-son-betail-23d94f22-0933-11ef-943a-cd1e31449f57

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    Article trouvé sur le site de « Vent des Noues »