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  • Une décision du Conseil d’Etat qui fera du bruit

    Un signal positif adressé aux victimes des éoliennes

    Le Conseil d’État a rendu le 8 mars 2024 une décision annulant les protocoles de mesure des niveaux de bruit des centrales éoliennes figurant dans des arrêtés ministériels successifs depuis 2021, ainsi que les règles de renouvellement des parcs figurant dans ces arrêtés.

    Petite histoire

    Le ministère ayant officiellement constaté en 2019 que la règlementation acoustique était fondée sur une absence de normes techniques offrant une grande latitude d’application, il créa un groupe de travail tripartite (filière, BE acoustiques, représentants des riverains dont TNE-OE) afin d’élaborer un protocole de mesure des niveaux de bruit des parcs éoliens terrestres, sur la base de différentes méthodes qui seront testées sur des parcs en exploitation pour en évaluer la faisabilité technico-économique.

    En 2021, reniant ses engagements, l’Etat décida contre l’avis des riverains un protocole encourageant les pratiques de la filière, sans le tester , l’intégrant à titre de protocole reconnu dans trois arrêtés ministériels successifs.

    16 associations nationales et régionales incluant OC.2E représentant le collectif TNE-OE ont attaqué devant le Conseil d’Etat ces arrêtés successifs et les versions correspondantes du protocole reconnu.

    Décision

    Le 8 mars 2024 , le Conseil d’Etat a annulé ces arrêtés ministériels et les protocoles reconnus, au motif (1) qu’ils n’avaient pas fait l’objet d’une évaluation environnementale et que les décisions d’approbation de ces protocoles n’avaient pas été soumises à la participation du public.

    Il a également censuré les règles de renouvellement des centrales éoliennes en tant qu’elles dispensent les parcs éoliens renouvelés du respect des règles de distance en vigueur.

    Conséquences

    1. Cette annulation des protocoles acoustiques étant rétroactive, toutes les règles et méthodes annulées sont réputées n’avoir jamais existé.

    Le ministère va donc devoir remettre sur le métier l’élaboration d’un protocole de mesure du bruit généré par les parcs éoliens en définissant une méthode claire et incontestable, pour l’avenir : nouveaux projets, renouvellements de centrales éoliennes.

    1. Pour les projets autorisés par le passé et non encore construits et pour ceux qui sont déposés (en phase d’instruction ou d’enquête publique), on peut légitimement s’interroger sur la validité du volet acoustique de leur étude d’impact.

    Nos experts vont analyser les conséquences précises de cette situation, au cas par cas.

    Les associations environnementales saluent la décision du Conseil d’État, qui adresse ici un signal positif aux victimes des nuisances acoustiques des éoliennes. 

    Cette décision rappelle aux pouvoirs publics la nécessité de respecter la santé de la population, et de respecter les directives européennes transposées dans le droit français en matière d’évaluation environnementale et de participation du public à l’élaboration des décisions ayant un impact sur l’environnement.

    Le collectif TNE remercie chaleureusement les artisans de ce succès – en particulier Fabien Ferreri de l’association Échauffour Environnement et maître Monamy. Il devra être confirmé par la rédaction de méthodes incontestables et respectant le Code de l’environnement. Nous vous tiendrons informés.

    https://toutesnosenergies.fr/

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    Le Conseil d’État annule des prescriptions nationales relatives au bruit

    Par une décision du 8 mars 2024, la Haute Juridiction administrative a annulé plusieurs prescriptions applicables aux parcs éoliens au titre de la législation des installations classées (ICPE) à la demande de seize associations opposées au développement des éoliennes, dont la Fédération Environnement durable (FED) ou encore Vent de colère.

    Les prescriptions annulées sont, en premier lieu, celles portant sur la conformité acoustique des installations contenues dans les arrêtés « autorisation » et « déclaration » du 10 décembre 2021 et celles relatives aux distances d’éloignement par rapport aux radars météorologiques contenues dans le premier de ces arrêtés. Le motif de cette annulation ? L’absence d’évaluation environnementale. « Ces règles régissant des installations classées pour la protection de l’environnement dans le domaine de l’énergie susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement doivent être regardées comme constituant des plans et programmes devant être soumis à évaluation environnementale », juge le Conseil d’État.

    Ce dernier annule également les décisions ministérielles des 10 décembre 2021, du 31 mars 2022 et du 11 juillet 2023 approuvant le protocole de mesure de l’impact acoustique d’un parc éolien et les différentes versions de ce protocole ainsi approuvées. Le motif de l’annulation est ici le défaut de consultation préalable du public. Ce protocole a, par ses effets, « une incidence directe et significative sur l’environnement », justifie le Palais-Royal.

    « La décision du Conseil d’État aura un impact crucial sur l’avenir énergétique français. Le développement de l’énergie éolienne terrestre se trouve désormais freiné, en attendant la mise en place de nouvelles autorisations et règles conformes à la loi. Cette décision soulève également des questions quant à la viabilité des projets en cours et à l’avenir des parcs éoliens existants », réagit Jean-Louis Butré, président de la FED.

    « En faisant tomber le protocole acoustique existant assis sur des bases scientifiques robustes, le seul effet que ça va avoir, c’est de ramener l’analyse acoustique à l’arrêté du 26 août 2011. Il n’y a donc pas de vide juridique et la filière éolienne ne sera évidemment pas mise à l’arrêt. C’est l’État, qui va devoir reprendre le protocole acoustique, que ça embête le plus », rétorque Mattias Vandenbulcke, directeur de la stratégie de France Renouvelables. Et le représentant de la filière éolienne de dénoncer l’obscurantisme et le ralentissement de la transition énergétique portés par ces fédérations anti-éoliennes.

    https://www.actu-environnement.com/
  • Parce que nous ne sommes pas des sauvages !

    Le tract initial a été distribué par des ÉTUDIANTS EN COMMUNICATION dans les boites aux lettres des habitants des Monts d’Arrée

    Voici la réponse

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    Chers jeunes gens de TACT,

    Vous venez de rendre visite aux habitants des Monts d’Arrée qui comprennent et connaissent si mal les véritables enjeux environnementaux. À tel point que vous venez leur vendre une stratégie d’intégration pour ces vertueuses machines industrielles dont vous voulez truffer le paysage.

    Nous comprenons bien qu’il vous faut rentabiliser quelques années d’études, mais dans ce cas, puisque vous savez si bien ce qui est bon pour la planète, pourquoi ne pas commencer par poser vos indispensables machines à pognon dans vos friches industrielles nantaises et parisiennes, le long des 4 voies et des zones industrielles et commerciales qui sont déjà des «zones mortes» ?

    S’il vous plaît, gardez-les pour vous et gardez avec, l’électricité supplémentaire dont vous avez besoin en abondance pour faire fonctionner vos véhicules et vos vies électriques.
    Après une centrale nucléaire foireuse installée par vos aînés, vous tentez une fois encore de nous imposer une horreur industrielle complètement incongrue dans notre paysage.

    Ne savez-vous pas qu’ici nous avons décidé de vivre au plus près de la nature ? Les gens des Monts d’Arrée ont en commun d’avoir un certain caractère dont on vous aura pourtant certainement déjà parlé.

    Nous avons, habitants et élus, déjà refusé l’installation d’un parc éolien à Berrien il y a moins de 3 ans. Forgée par des conditions de vie simples mais riches et une solidarité naturelle, la détermination des habitants est, vous allez sans doute vous en rendre compte, très puissante.
    Sur ce genre de projet nous avons déjà donné notre avis ! Et notre avis, c’est NON !

    À votre petit questionnaire inutile je répondrais quand même ceci : Ici nous randonnons en paix oui, nous circulons à vélo aussi, mais surtout, nous vivons au quotidien dans un pays magnifique, sauvage, rude, boueux, généreux, festif, explosif… que nous cultivons et défendons sans faire de bruit. Et que des milliers de citadins en mal d’air respirable viennent visiter chaque année en amis.

    Et vous, de vos villes gourmandes en tout, vous pensez pouvoir venir détruire la paix sociale en achetant une poignée de propriétaires vénaux ?

    J’ai bien envie de reprendre un de vos magnifiques paragraphes :

    « S’immerger dans le territoire de projet pour faire émerger les conditions de la bonne intégration du projet au territoire… » Topez-là mes amis ! Dans l’intérêt général, venez vous immerger chez nous, venez vous installer et vivre avec nous une vie simple, économe, sans artifice et surtout sans dénaturer partout les paysages dont vous semblez ignorer l’importance.

    Vos sources d’inspiration me posent questions : Notre volonté de permettre à chacun de se forger un avis éclairé sur ces questions se nourrit de nos lectures, des podcasts que nous écoutons en allant au travail le matin, des séries que nous dévorons le soir dans notre canapé ou encore des chaînes Youtube dont nous ne ratons aucune nouvelle vidéo.

    En effet, des sources d’inspirations bien écologiques … Pas un peu accrocs aux kilowatts quand même les gens de TACT ? 

    Il est peut-être là le problème ? Où est votre relation concrète à la terre ? Qui met vraiment les mains dedans dans votre équipe ? Vous n’en parlez pas une seule fois…

    Sachant (soyez honnêtes) que les éoliennes ne suffiront jamais à combler les énormes appétits en énergie des citadins plus malins, sachant surtout que la planète se réchauffe à très grande vitesse, n’auriez-vous pas plutôt intérêt à vite débrancher Youtube, sortir de votre canapé et vous mettre un peu en amitié avec les trop peu nombreux « provinciaux ruraux » qui font les bons produits ? 

    Retrousser les manches pour faire pousser et fabriquer de bonnes choses, ça peut aussi être une bonne stratégie. Vous savez bien, pas de bras, pas de chocolat !

    Allez, gardez la tête froide dans un monde qui se réchauffe !

    Et bien à vous quand même (on n’est pas des sauvages)

    Christelle Le G.

    https://toutesnosenergies.fr

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    Très bien dit. Bravo à Christelle.

    Nous insistons sur le fait que cette société a besoin de beaucoup d’électricité parce qu’elle veut numériser à fond, robotiser, transhumaniser ; donc utiliser de plus en plus l’ »intelligence » artificielle ; ce qui diminuera l’Homme et aboutira à la disparition de l’Humanité.

  • Une éolienne prend feu

    Une trentaine de pompiers sont intervenus ce vendredi à Framerville-Rainecourt (Somme), pour une éolienne en feu, le long de l’autoroute A29.

    Le long de l’autoroute A29, ce vendredi matin, entre les villages de Framerville-Rainecourt et Herleville, au kilomètre 228, les automobilistes qui circulaient dans le sens Amiens – Lille, n’ont vu qu’elle : une éolienne en feu, et son épaisse fumée noire dans le ciel. Impressionnant, selon les images de vidéo que nous a fait parvenir un lecteur.

    https://www.lavoixdunord.fr/1443492/article/2024-03-22/une-eolienne-prend-feu-pres-d-amiens-le-long-de-l-autoroute-29?utm_source=mailing&mgo_l=1yaAiIfqShGbi6nLV4WF0w.33.8&mgo_h=9i&utm_campaign=mediego-soirabo&utm_medium=email&M_BT=4930692347
  • Éoliennes en mer

    L’association Baie de Canche, hostile au projet, organise un débat lundi à Étaples

    Ce lundi 25 mars à 18 heures, salle de la Corderie à Étaples, le public est convié à venir débattre sur l’éolien offshore par les trois communes opposées au projet au large de Berck.

    Réunies au sein de l’association Baie de Canche, les trois communes d’Étaples, Le Touquet et Camiers veulent recueillir l’avis de la population au sujet du projet d’éoliennes en mer voulu par l’État. Il se situerait sur le banc de sable de Bassure de Baas, au large de Berck, à une dizaine de kilomètres des côtes du Montreuillois.

    https://www.lavoixdunord.fr/1442720/article/2024-03-20/eoliennes-en-mer-l-association-baie-de-canche-hostile-au-projet-organise-un

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    L’Association Baie de Canche, créée en mai 2022, est née de la volonté des maires :
    de Camiers-Sainte Cécile,
    d’Etaples-sur-Mer
    et du Touquet-Paris-Plage.

    Elle a pour objectif de valoriser et dynamiser la Baie de Canche en créant des projets communs et des actions sous la forme de différentes thématiques :

    • tourisme
    • culture
    • nature
    • sport

    et de promouvoir le territoire de la Baie de Canche.

  • Un monde fini

    Samedi 9 septembre, nous étions à Lanrivain en Bretagne, au manoir de Gollodic, pour une journée contre les éoliennes industrielles (témoignages, causeries, crêpes, fest-noz).
    Les éoliennes, on n’y connaît pas grand-chose. Quoique GreenAlp, le distributeur d’électricité grenoblois, vante la part de l’éolien dans son « ambitieux programme » en matière d’énergies « renouvelables », l’Isère compte en tout et pour tout deux mâts de 60 mètres, à Pellafol. On est désolés pour les habitants de l’Oise, de la Somme ou des Pyrénées-Orientales, qui subissent des éoliennes censées fournir de l’« énergie propre » à la cuvette grenobloise, à des centaines de kilomètres de chez eux (cf. Rapport d’activité de GreenAlp, ici). Telle est la transition verte.

    Il n’y a pas plus d’« énergie propre » que de société industrielle soutenable. La quête de puissance, multipliée par les moyens techno-industriels, détruit notre seule Terre. C’est, en substance, ce que nous avons dit aux amis bretons à propos de l’industrie éolienne. Nous avons rappelé l’article de 2012 paru dans la revue scientifique Nature, qui alertait sur le franchissement de seuils irréversibles pour notre biosphère, avec le risque de bascule imprévisible et brutale (lire ici). Les seuils en question concernent notamment l’effondrement de la biodiversité, les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, la mort des sols, l’acidification des océans, la pollution atmosphérique, le cycle de l’eau douce ou le bouleversement climatique.

    Que s’est-il passé depuis cette publication ? Les technocrates internationaux ont joué le plus spectaculaire tour de passe-passe à des populations qui, apparemment, ne demandaient qu’à y croire. Ils ont réduit l’effondrement écologique au seul réchauffement climatique, donc aux émissions de gaz à effet de serre ; et ils ont réduit les gaz à effet de serre au seul carbone.
    Avantage de la manipulation : la prétendue « solution technologique » de la décarbonation, ou transition énergétique. D’où les éoliennes industrielles, les centrales photovoltaïques, le nucléaire, l’hydrogène « vert » ou « blanc » – avec une mine annoncée en Bretagne – pour alimenter les appareils et les logements électriques, les véhicules électriques, les usines électriques, les villes électriques et les infrastructures cybernétiques de la smart planet. Au mépris de la destruction de notre milieu naturel, comme si nous allions désormais vivre d’électricité et de réalité virtuelle. Après tout, l’homme-machine n’a besoin que d’une bonne connexion.

    Bref, la course panique à l’électrification totale.
    A la peine de mort par électrocution.

    D’après l’étude de 2012, la bascule des seuils d’équilibre de la biosphère devait se produire autour de 2025, si la croissance démographique et la consommation per capita se maintenaient à leurs niveaux d’alors (lire ici). Ce 13 septembre 2023, l’autre prestigieuse revue, Science, met à jour ces implacables prévisions. « Six des neuf limites planétaires sont franchies », dit l’article, et deux autres sont proches de l’être, « suggérant que la Terre est désormais hors de la zone de sécurité pour l’humanité » (voir ).

    Sauf à réserver sa place dans un vaisseau d’Elon Musk en partance pour Mars (après fusion des glaces martiennes par expédition de bombes nucléaires), la conclusion devrait s’imposer à tout esprit capable de regarder la réalité en face : soit nous arrêtons tout, soit nous disparaissons. Mais il paraît que pour la lucidité, la plupart des humains ont également atteint leurs limites.

    https://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/un_monde_fini.pdf
  • L’avenir du parc éolien de la vallée de l’Escrebieux 

    Le parc prévu sur Izel-lès-Équerchin et Quiéry-la-Motte se jouera en justice

    Le parc de trois éoliennes envisagé à Izel-lès-Équerchin et Quiéry-la-Motte, retoqué par la préfecture, aura une deuxième chance en appel. Les opposants fourbissent leurs armes. Deux mâts seraient construits sur des terres agricoles à Izel-lès-Équerchin.

    C’est un schéma désormais classique. Un projet de parc éolien est recalé par la préfecture du Pas-de-Calais et ses promoteurs s’empressent de saisir la cour administrative d’appel de Douai dans l’espoir de le voir repêché. Cela s’est produit pour le projet du val de Sensée. (six machines à Étaing, Dury et Récourt). Cela arrive dans le dossier du parc de l’Escrebieux : trois mâts envisagés sur les territoires de Quiéry pour l’un d‘eux, et Izel-lès-Équerchin pour les deux autres.

    Suite à l’enquête publique fin 2022 et malgré un avis favorable, le préfet avait refusé d’apporter son approbation. Effet d’écrasement sur des villages proches, proximité avec les terrils du bassin minier classés patrimoine mondial de l’UNESCO ou de l’église d’Hénin-Beaumont nourrissaient l’argumentation critique de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) sur laquelle s’est appuyé le refus du préfet. La hauteur des mâts s’élèverait à 180 mètres en bout de pâles (au lieu de 200 à l’origine).

    Intervent et Valeco, les sociétés porteuses du projet, ont donc porté l’affaire devant la cour administrative d’appel de Douai. Ils trouveront face à eux, non seulement la puissance publique, mais les opposants à un projet qui a soulevé une levée de boucliers chez les riverains de Bois-Bernard et Drocourt (les premières habitations se situent à 900 mètres). Un collectif anti-éolien a entrepris de rassembler des fonds pour faire appel aux services d’un avocat. « On veut abonder dans le sens des remarques de la préfecture et faire valoir la situation du secteur où se trouvent déjà l’autoroute A1, une ligne TGV et une ligne électrique THT », explique … l’association Escrebieux environnement.

    CAGNOTTE EN LIGNE

    Une cagnotte en ligne a été lancée.

    https://www.helloasso.com/associations/escrebieux/collectes/non-aux-eoliennes-industrielles-a-izel-et-quiery-62

    Un loto sera organisé en juin. Les besoins sont évalués à 5 500 euros. « Nous allons prendre contact avec les particuliers, des associations et les communes. » Les municipalités riveraines se sont opposées au projet, à l’exception d’Izel. Le collectif aimerait recevoir le soutien de l’association Stop éoliennes Hauts-de-France, grassement subventionnée par le conseil régional.

    La procédure n’en est qu’à ses débuts et pourrait durer plusieurs années. « Dans le dossier de la Sensée, la cour administrative d’appel a été saisie en 2022 et ce n’est toujours pas jugé ». Intervent et Valeco s’attendent aussi à un long combat judiciaire pour faire aboutir leur projet esquissé en 2013.

  • Les ravages de l’industrie éolienne sur les animaux

    I. Etat des lieux de l’industrie éolienne

    Au-delà de notre avis sur l’industrie éolienne, il est important de s’intéresser aux effets délétères des aérogénérateurs sur les animaux :

    • Les grandes éoliennes industrielles, de 200 m en bout de pales, affectent le flux migratoire des oiseaux ;
    • Elles semblent tourner lentement mais le bout des pales atteint 300 Km/h, surprenant les oiseaux dans leur vol ;
    • Les fondations d’une éolienne, c’est 600 m3 soit 1500 tonnes de béton, 25 à 40 tonnes d’acier en sous-sol ;
    • Les pales d’une éolienne sont non-recyclables ;
    • La nappe phréatique risque d’être contaminée lors de la construction ;
    • Les terres agricoles sont impactées en raison du phénomène de compaction des sols découlant du transport nécessaire de matériaux lourds ;
    • L’éolien est l’énergie qui consomme le plus de terres rares, son alternateur à aimants permanents est composé de néodyme extrêmement polluant ; 
    • Le balsa, arbre amazonien, est utilisé pour la fabrication des pales, cela contribue à la déforestation ;
    • De nombreuses installations éoliennes nécessitent la construction de nouvelles lignes électriques et sont une source de mortalité des oiseaux ;
    • L’implantation de l’éolien réduit les terres cultivables, entraîne déforestation, réduit les zones humides et les lieux de vie de nombreux animaux ;

    Par ailleurs, l’énergie éolienne génère bruits, infrasons et effet stroboscopique :

    • Les études soulignent les mêmes effets délétères du bruit sur les animaux que chez les humains ;
    • Les éoliennes produisent des infrasons, sons non perçus par l’oreille humaine, mais ressentis avec la cage thoracique, sous forme de vibrations, pulsations, et pressions ; Certains scientifiques pensent que certains oiseaux utilisent les infrasons pour naviguer et sont affectés par celles émises par les éoliennes ;
    • L’effet stroboscopique génère une alternance d’ombres mouvantes et de lumière. Des sautes de luminosité qui attirent le regard, perturbent la vision et diminuent l’attention. Les 3 organes de perception de la position, oreille interne, yeux et récepteurs musculaires et articulaires, sont alors en désaccord.

    La justice a reconnu le syndrome éolien pour les humains en novembre 2021 (1) Qu’en est-il pour les animaux ?

    Les préfets prennent régulièrement des arrêtés autorisant à déroger à l’interdiction de détruire un très grand nombre d’espèces protégées ainsi que leur habitat pour la durée de vie d’un parc éolien (2). Oiseaux, chauves-souris, insectes, mais également animaux marins en sont victimes et l’on s’inquiète de plus en plus pour le comportement des vaches qui est altéré à proximité des éoliennes.

    II. La mortalité des animaux volants

    Voici quelques chiffres issus d’études réalisées sur l’incidence des éoliennes sur les animaux volants qui illustrent l’hécatombe.

    Figure 1 : Nombre de victimes dénombrées par éolienne et pour l’ensemble des parcs selon les pays

    PaysSourceDateNombre éoliennesMoyenne de victimes/an /éolienneNombre de victimes/an
    France LPO : « Le parc éolien français et ses effets sur l’avifaune » (3)20178 50030 chauves-souris et 7 oiseaux tués250 000 chauves-souris et 60 000 oiseaux
    Etats Unis  American Bird Conservancy (4)  202165 00015 oiseaux et 23 chauves-sourisUn million d’oiseaux à minima
    EspagneSociété ornithologique (5)    201218 000100 à 300 oiseaux et 200 à 600 chauves-sourisEntre 6 et 18 millions d’oiseaux et de chauves-souris
    AllemagneBernd Koop, ornithologue (6)   30 000 Entre 2 et 4 millions d’oiseaux
    SuisseStation ornithologique de Sempach (7)  2016  4121 oiseaux861 oiseaux
    BelgiqueL’association flamande Natuurbehoud Vlaanderen (8)20151 60025 oiseaux4 000 oiseaux
    Mark Duchamp PrésidentConseil mondial pour la Nature (9)  2015 400 chauves-souris et 200 oiseaux morts   

    L’impact préjudiciable d’un parc éolien industriel sur les oiseaux migrateurs et les chauves-souris est évident, leur responsabilité sur le déclin des insectes volants ne l’est pas moins.

    2-1. L’effondrement des populations d’insectes volants

    Guêpes, abeilles, mouches, papillons sont les principaux pollinisateurs des plantes à fleurs qui constituent la majorité de la biodiversité végétale. Les insectes, en pollinisant les plantes sauvages, jouent un rôle crucial dans l’alimentation humaine et animale puisque 75 % des fruits et légumes que l’on consomme sont liés aux pollinisateurs et qu’ils sont une source de nourriture pour 60 % des oiseaux. S’ils disparaissaient, l’humanité serait confrontée à une crise alimentaire mondiale ; la biodiversité végétale est par ailleurs essentielle pour notre santé et pour la planète.

    En 2019, pour la première fois une étude allemande, réalisée par le chercheur Franz Trieb du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) de Stuttgart, s’est intéressée à la responsabilité des éoliennes sur le déclin des populations d’insectes ; c’est entre 5 et 6 milliards d’insectes par jour entre avril et octobre qui viennent s’écraser sur les 30 000 éoliennes allemandes. Papillons et autres insectes volants restent fixés sur les lames, laissant une trace sur les pales, gênant l’efficacité des éoliennes. Mais la seule préoccupation des promoteurs éoliens a été de créer un secteur entier d’entreprises de nettoyage pour les parcs éoliens, tout en ignorant la mortalité des insectes.

    D’ici 2050, on s’attend à un effondrement brutal de la population d’insectes, c’est le constat fait par des experts de la biodiversité réunis en 2019 à Paris par l’ONU. L’université Radboud aux Pays-Bas en collaboration avec des chercheurs allemands a conclu en 2017 que la masse totale des insectes volants avait diminué de plus de 75% depuis 1989. Même si les éoliennes ne sont les seules responsables, la question doit être approfondie. D’autant plus que ces insectes collés sur les éoliennes deviennent à leur tour un piège mortel pour les chauves-souris et les oiseaux insectivores.

    2-2. La disparition des Chauves-souris

    Les biologistes considèrent les zones de projets éoliens (massifs forestiers, vallées fluviales, cols) incompatibles avec la sécurité des chauves-souris. En mai 2021, la SFEPM, Société française pour l’étude et la protection des mammifères, a publié un manifeste prévenant de l’impact mortel des éoliennes sur les populations de chauves-souris (10). Les noctules, chauves-souris de haut vol, sont directement affectées par les collisions avec les pales des éoliennes. Or, au-delà d’un seuil de mortalité, le phénomène sera quasi irréversible, et nous en sommes proches, explique la SFEPM.

    D’après une projection de Vigie-Chiro datant de juillet 2020, la noctule pourrait perdre jusqu’à 88 % de sa population dans les 15 prochaines années. Le Conseil mondial pour la Nature estime qu’une seule éolienne tue 400 chauves-souris par an (voir figure 1). Laurent Arthur, chiroptérologue, déclarait en juin 2021 : « quand on trouve une chauve-souris morte, il y en a en réalité 10 de disparues » (11) ; les corps sont disloqués avant d’atteindre le sol, emportés par des prédateurs, ou mangés par les insectes au sol.

    La raison de ce carnage tient au fait que ces petits mammifères volants sont attirés par les éoliennes qui fixent les insectes écrasés sur les pales. Les mêmes raisons expliqueraient aussi pourquoi de nombreux oiseaux insectivores sont tués par les éoliennes. Une étude de 2014 souligne qu’à proximité des éoliennes, près de 88 % de chauves-souris changeaient même de trajectoire pour se diriger vers l’appareil (12) ! Mais, ces petits mammifères évoluent à des vitesses lentes et ne sont pas suffisamment rapides pour éviter les pales.

    Par ailleurs, les ultrasons des turbines des éoliennes désorientent les chauves-souris, elles peuvent mourir par hémorragies internes dues à une brusque baisse de pression provoquée par les pâles. Et la situation tend à s’aggraver avec l’apparition depuis trois ans des parcs de nouvelle génération dont les pales se rapprochent de plus en plus du sol. Initialement les éoliennes battaient à une cinquantaine de mètres d’altitude, celles d’aujourd’hui descendent le plus souvent sous la barre des 30 mètres et les plus basses raseront la terre à 10 mètres d’altitude. Après avoir impacté les espèces de haut vol, c’est la quasi-totalité des espèces de chauves-souris qui vont être concernées par les collisions.

    2-3. La destruction des oiseaux

    Selon le Conseil mondial pour la Nature, on compte une moyenne de 200 oiseaux morts par éolienne et par an (voir figure 1). Selon l’étude de la LPO de juin 2017, l’éolien peut générer des impacts directs, comme la collision, ou indirects, liés à la perte d’habitats. En 2018, ce sont deux études françaises, menées par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et le CNRS, qui nous ont alerté : « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse ». Selon une récente étude de la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB), un oiseau sur six aurait disparu en Europe depuis 1980, soit près de 600 millions d’oiseaux nicheurs.

    Comme pour les chauves-souris, la mortalité des oiseaux migrateurs est aggravée lorsque les éoliennes sont implantées sur un couloir migratoire. Au-delà des pesticides, les parcs d’éoliennes dans les prairies réduisent l’habitat des oiseaux nichant dans les prairies. Mais, les oiseaux qui en souffrent le plus sont les grands rapaces, décimés par les éoliennes responsables en partie de leur disparition. Ces oiseaux de proie éliminent les animaux malades ou morts, évitant des épidémies et sont attirés par ceux qui gisent sous les éoliennes.

    Parmi les grandes victimes, la grande outarde devenue rarissime, les échassiers comme la cigogne ou les hérons, les vautours fauve et moine et autres grands rapaces, attirés par les oiseaux déjà tués. Ils se font couper littéralement en deux par les pales des éoliennes qui contribuent à la disparition des derniers grands rapaces d’Europe. En Allemagne, le milan royal qui figure sur les armoiries du Brandenbourg, a complètement disparu, massacré par les éoliennes. La Roumanie est en train d’installer des parcs éoliens sur le pourtour du delta du Danube, une zone naturelle d’une richesse extraordinaire, menaçant ainsi des centaines d’espèces d’oiseaux.

    Plusieurs causes sont à l’origine du danger des éoliennes pour les oiseaux :

    • Les oiseaux ne distinguent pas les pales d’éoliennes en rotation, et entrent en collision avec ces dernières. La plupart des oiseaux migrateurs effectuent de longs déplacements de nuit, pour éviter la surchauffe corporelle, et ne voient des éoliennes que le feu de position de la nacelle, tandis que les pales fauchent l’air dans l’obscurité, invisibles ;
    • Les rapaces, perchés sur les pales à l’arrêt ou sur les nacelles, ont une vue dominante et ceux d’entre eux qui ont déjà chassé avec succès parmi ces machines sont attirés par elles, car elles sont devenues un indice annonçant une chasse fructueuse. Plus ils fréquentent les sites éoliens, plus ils ont de chances de se faire frapper par une pale, dont ils jugent mal la vitesse ;
    • La différence entre la lenteur apparente des pales et leur grande vitesse réelle transforment les éoliennes en pièges géants pour les rapaces, hirondelles et chauves-souris. D’ailleurs, nous les humains ne somment guère plus perspicaces : à l’œil nu, on imagine mal qu’une pale d’éolienne atteint près de 300 km/h à son extrémité.

    De plus en plus, on s’intéresse à des mammifères qui pourraient être victimes de ces parcs éoliens industriels dont ils subissent le voisinage.

    III. L’incidence sur les animaux terrestres

    Les projets éoliens nécessitent très souvent une déforestation de milieux ruraux ce qui veut dire une atteinte irréversible aux lieux de vie de nombreux animaux sauvages. De nombreux projets éoliens ignorent l’importance des massifs forestiers, il en est de même pour les zones humides, habitats de nombreux animaux. Aucune étude ne semble s’intéresser à la conséquence de cette destruction des habitats de nombreux animaux. Quant aux promoteurs éoliens, ils n’hésitent pas à envisager des projets dans la forêt de la Double en Dordogne ou dans les marais de l’estuaire de la Gironde, lieux de vie d’innombrables animaux.

    Ce sont les animaux dits de “ferme” qui ont suscité quelques intérêts. Une étude réalisée en août 2020 dans trois exploitations de vaches laitières situées dans les Côtes-d’Armor, dans le Nord et en Loire-Atlantique par le laboratoire de ToxSeek Urgence a conclu que les Champs électromagnétiques et des terres rares mêlés pourraient conduire à des pathologies graves chez les bœufs/ vaches et veaux, voire chez les humains. Des analyses toxicologiques ont dépisté 49 métaux lourds et terres rares sur les poils de 80 vaches. En 2021, le laboratoire a affirmé que « l’augmentation parallèle des champs électromagnétiques (éoliennes, 5G…) et de l’utilisation de métaux à fort pouvoir magnétique pose la question d’un impact sanitaire majeur à venir ». Les antennes relais de téléphonie mobile, les éoliennes et les lignes à haute tension seraient un véritable danger pour ces animaux.

    Il a, également, été observé, des souffrances allant même jusqu’à la mort des animaux d’élevage se situant à proximité des éoliennes. Est-ce le bruit provoqué par les vibrations ? Ou l’influence électro-magnétique produite par l’électricité fournie ? Ou le passage des pales à 300 km/h, de façon constante, perturbant, de manière visuelle et sonore les animaux ? Des études approfondies sont espérées et attendues pour faire la part de ces responsabilités.

    IV. Les dommages d’une usine éolienne en mer sur les animaux marins

    Les mammifères marins se servent des ondes sonores pour naviguer, les perturbations acoustiques sous-marines, les champs électro-magnétiques, désorientent les animaux et peuvent les faire s’échouer. En baie de Saint-Brieuc se trouve la plus grande population de grands dauphins en Europe, recensés par l’association Al-lark, près de 500 sédentarisés entre le cap de La Hague et Bréhat.  L’ampleur du désastre est soulignée par deux associations, Sea Shepherd France et Gardez les Caps, qui ont déposé plainte en janvier 2022, devant le Conseil d’État avant de saisir la Commission européenne en février 2022 pour contester 59 dérogations de destruction d’espèces et d’habitats protégés accordées à l’industriel espagnol Iberdrola, porteur du projet du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, et demander l’abandon du parc.

    Au-delà des risques liés à ce projet spécifique, les projets éoliens offshore perturbent les mammifères marins, les oiseaux marins et les poissons et ont des effets néfastes identifiés :

    • Le bruit

    L’énergie éolienne génère une pollution sonore néfaste pour les animaux marins, leur sensibilité acoustique les rend particulièrement vulnérables aux activités bruyantes. La mise en place des fondations des éoliennes entraîne une fuite de ceux-ci durant la construction des parcs éoliens. L’augmentation du trafic durant la construction et durant le fonctionnement pour la maintenance augmente leur risque de collision.

    Un collectif de scientifiques belges a analysé en 2017 les divers effets de l’implantation des bases d’éoliennes par martelage, les bruits mesurés dépassent 200 dB, un bruit supérieur à celui du décollage d’une fusée Ariane. Pour des bruits de 175 et de 168 dB, on a constaté que 99 % des morues à 75 m de la source sonore subissaient des dommages létaux (éclatement de la vessie natatoire, hémorragies internes, traumatismes de l’oreille interne) ;

    • La perte d’habitats

    Lors de la construction de l’usine éolienne, la modification et la perte de l’habitat des mammifères marins les éloigne de la zone et leur fait courir des risques. A 20 km de distance, 75 % des contacts avec les marsouins de la zone ont disparu et on aboutit à un éloignement total sur une surface de 2800 km². Les projets éoliens ne respectent pas les règles applicables aux espèces et aux habitats protégés, on trouve des projets éoliens à proximité ou au sein de site Natura 2000 tel celui du Parc Naturel Marin du sud d’Oléron aux Sables d’Olonne ;

    • Les pollutions marines 

    Contre la corrosion des pylônes en acier des éoliennes en mer, on utilise des “anodes sacrificielles”, composées principalement d’aluminium, mais aussi de zinc et de métaux lourds, qui se dissolvent progressivement dans l’eau. (Sur 25 ans, c’est dix tonnes d’aluminium libérées dans l’eau de mer pour chaque fondation d’éolienne, selon le calcul établi par l’office fédéral de la Construction hydraulique) ;

    • Dommages causés à l’environnement

    Ces dommages résultent de la turbidité, des rejets de sédiments et des rejets de substances polluantes ;

    • Les oiseaux marins sont également victimes des parcs éoliens offshore

    « La mortalité des oiseaux liée aux éoliennes installées en mer est particulièrement difficile à quantifier, puisque les oiseaux blessés ou morts qui tombent dans l’eau ne sont jamais retrouvés », souligne Frédéric Jiguet, ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle. Ces oiseaux subissent notamment le risque de collision, la perte d’habitat, l’effet barrière et la perte de zones de reproduction et de repos du fait des projets éoliens.

    • Une course au développement de nouveaux parcs

    Elle se fait au détriment des recommandations de protection des animaux. « L’exemple flagrant est le développement des parcs en mer Méditerranée, dans le golfe du Lion, où l’on démarre des études d’impact sur la faune en même temps que l’ouverture de l’appel d’offres », illustre Frédéric Jiguet ;

    Les risques des projets éoliens offshore ne sont pas évalués sérieusement du fait des moyens matériels et de l’investissement financier considérable pour déterminer cette météorologie du fond sous-marin. Mais au-delà de ces risques, il est manifeste qu’il y a peu de considération du partage de l’espace terrestre avec les animaux. Il y a 100 ans, 85% de la Terre étaient occupés par des espaces sauvages, espaces terrestres et maritimes préservés de l’expansion humaine et de l’exploitation des ressources naturelles. De nos jours, seuls 23% de la Terre sont des territoires sauvages avec des conséquences irréversibles pour la survie sur terre.

  • Enquête truquée et aigles menacés

    Près de Nîmes, un collectif d’écologistes, élus et chasseurs se bat contre un projet de parc éolien dans une forêt méditerranéenne, porté par TotalÉnergies. L’enquête publique, truquée par un maire local, va être relancée.

    « On est tous choqués. » « Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. » « Il devait vraiment y tenir. Mais ça ne lui aura pas servi à grand-chose ! » Au Café de la Poste de Moulézan, paisible village de 650 habitants à 20 kilomètres de Nîmes, dans le Gard, tous les habitants rencontrés sont consternés par les accusations contre leur désormais ex-maire, Pierre Lucchini (sans étiquette).

    À la tête de la commune depuis 2008, ce retraité de l’Armée de Terre, déjà condamné pour avoir frappé un autre élu, comparaîtra de nouveau le 13 mai prochain devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Cette fois pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. On lui reproche d’avoir rédigé sur Internet quelque 700 faux avis, sur 2 400, dans une enquête publique portant sur l’installation d’un parc de cinq éoliennes. « Les oiseaux possèdent un sens de la vue très développé, ce qui leur permet d’éviter les éoliennes », y écrit un pseudoreprésentant de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Tout le contraire de l’avis réel de la LPO Occitanie, qui assure ne pas « cautionner un tel projet (…) aux incidences écologiques et paysagères majeures et non compensables ».

    Pierre Lucchini s’est vu retirer ses délégations à la communauté d’agglomération de Nîmes, et a, depuis, démissionné de son mandat de maire. Le préfet du Gard a préféré relancer une nouvelle enquête publique sur ce projet très controversé. Autour duquel se sont nouées des alliances inédites.
    Aigles de Bonelli et plantes rares

    « C’est vrai que c’est un peu une bataille à fronts renversés », dit en souriant Thierry Gaugne, retraité de l’Éducation nationale et président du collectif du Bois des Lens. D’un côté, donc, le maire — depuis remplacé — de Moulézan, qui n’a cessé de soutenir le projet de parc éolien porté depuis 2017 par la multinationale TotalÉnergies. De l’autre, plusieurs associations réunies dans un collectif monté en 2008 pour s’opposer à un projet de carrière, puis à d’autres projets de parcs éoliens.

    Le premier soutient un projet qui va « lutter contre le réchauffement climatique » et rapporter à sa commune « entre 80 000 et 100 000 euros par an », comme il l’a dit au média local Dis-Leur !. Les seconds, soutenus par la majorité des maires alentour, défendent une forêt méditerranéenne de près de 9 000 hectares qu’ils ne veulent pas voir livrée à une industrie, fût-elle verte. Leur champ de bataille : le Bois des Lens. Un immense croissant vert entre Nîmes et Alès, et un petit paradis pour les randonneurs et les chasseurs locaux.

    « On y trouve une biodiversité très riche », dit avec enthousiasme Françoise Lienhard, ex-responsable d’une association d’éducation à l’environnement, L’Œil vert. Cette jeune retraitée a « acheté un petit mazet sur la commune de Fons », à l’est du bois, autour duquel elle ne se lasse pas de « recenser les espèces protégées ». Côté flore, 700 espèces ont été jusqu’ici dénombrées, dont 4 protégées : le glaïeul douteux, la spirante d’été, la gratiole officinale et la gagée de Granatelli. Côté faune, dix-huit espèces de chauves-souris et plusieurs rapaces, dont le rare et menacé aigle de Bonelli.
     « Oh, regardez. C’est peut-être un milan ! » L’envol soudain d’un rapace interrompt Thierry Gaugne et Françoise Lienhard, qui nous guident au cœur du Bois, le long d’une piste de défense des forêts contre l’incendie, dite DFCI. Ils tiennent à nous montrer une chênaie verte qui pourrait être débroussaillée, avec 50 hectares de végétation, pour créer une zone de compensation pour les aigles de Bonelli. Au total, près de 140 ha seraient défrichés ou débroussaillés, sans compter les coupes supplémentaires préconisées par sécurité par les pompiers. « Ces arbres sont pourtant des puits de carbone indispensables », se désole Françoise Lienhard.

    Deux autres membres du collectif nous accompagnent dans le bois : des chasseurs. Leurs postes de guet sont partout le long des pistes. « Il y a beaucoup de sangliers, de lièvres et de chevreuils dans le bois, c’est un lieu de reproduction », explique Daniel Meurice, un retraité de Moulézan. Sa société de chasse a refusé, dit-il, de l’argent proposé par TotalÉnergies. Sébastien Mellarede, un artisan de 52 ans, habitant à Combas, a engagé la sienne dans le collectif depuis l’origine. Le Bois, il le connaît depuis l’enfance. « J’ai toujours entendu parler de son passé de pastoralisme, de fours à chaux et du passage du loup. » Il y vient « toute l’année » pour « regarder passer les bécasses, les sangliers et les lièvres, ou juste admirer le soleil couchant ». Il assure « ne pas être contre les éoliennes ». Mais « pas dans cet endroit sauvage et magnifique. Si on commence à industrialiser le bois, ce sera le pied dans la porte, et on ne pourra plus rien arrêter ».

    Un site archéologique

     Nous voici sur un point culminant, au croisement de deux pistes, les os glacés par un puissant mistral. Un vent suffisamment fort pour justifier l’implantation, à quelques centaines de mètres, du parc éolien ? « TotalÉnergies n’a pas publié les études de vent, au motif que c’était un secret industriel », dit Françoise Lienhard. Le Bois des Lens est d’autant plus convoité qu’il fait partie des rares zones de développement éolien du Gard, un département qui ne compte que cinq éoliennes, au bord du Rhône.

    Autour de nous, à l’horizon, pointent le mont Bouquet, le mont Lozère et le pic Saint-Loup. Et demain, peut-être, toutes proches, cinq grandes éoliennes de 2,2 mégawatts chacune, hautes de 150 mètres, soit la hauteur de la plus grande église de France, la cathédrale de Rouen. Avec autour d’elles une vaste zone d’exclusion aérienne qui fait bondir les opposants : « Les Canadairs ne pourront pas intervenir en cas d’incendie », assure la bénévole, et ce, dans une zone où le risque est élevé. « La réduction de l’aire de largage est estimée par l’ONF à 250 ha », répond TotalÉnergies dans la première enquête publique. « Cette surface est à comparer à l’échelle de celle du massif qui est de 9 000 ha ».
    Le Bois des Lens n’est pas seulement une inestimable réserve de biodiversité, c’est aussi un site archéologique, que pourraient menacer les éoliennes. « Quinze carrières romaines ont été identifiées, toutes datant de l’époque de l’empereur Auguste », raconte Jean-Claude Bessac, retraité du Centre nationale de la recherche scientifique (CNRS), qui y a mené plusieurs campagnes de fouilles archéologiques. Les Romains en ont extrait la pierre de Lens, utilisée pour la Maison carrée de Nîmes. L’archéologue s’inquiète surtout pour un site, celui de Jouffe : « C’est un site extraordinaire, occupé du VIIIe siècle avant Jésus-Christ jusqu’à l’époque médiévale. Il y a eu des sondages, mais le site n’a pas été fouillé. C’est une mine qu’il faudrait mettre en valeur. » Ce qui sera difficile à 300 mètres d’un champ d’éoliennes, dit-il.

    Jean-Claude Bessac redoute surtout les conséquences pour les nappes phréatiques, alimentant en eau potable plus de 10 000 habitants autour du Bois. « Il y a dans chaque éolienne 1 500 litres d’huile toxique. On ne pouvait pas choisir un pire lieu d’implantation, à la jonction de trois périmètres de protection éloignée. À la moindre pollution, ce sera impossible de dépolluer. On joue à la roulette russe. » TotalÉnergies répond que les éoliennes sont suffisamment éloignées des champs de captage, et que toutes les précautions ont été prises pour éviter une éventuelle pollution. Sans convaincre les opposants. Ils répéteront, encore une fois, leurs arguments lors de la nouvelle enquête publique, l’annulation de la précédente n’étant, à leurs yeux, qu’une péripétie. « On repart à zéro. Mais rien n’est gagné. »

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  • Un soutien au tourisme !

    Emyn et Vendée Expansion affichent ainsi leur volonté : « Impulser une dynamique de valorisation touristique en lien avec le parc éolien. »

    Le but des prochaines réunions est de « faire émerger avec les professionnels du tourisme de nouvelles initiatives, dans le secteur géographique du nord-ouest de la Vendée ».

    Il est précisé que « les participants à ces réunions, ainsi que tout autre acteur local intéressé, pourront faire part de leurs projets et donner leur avis sur les formes de soutien financier les plus adaptées ».

    Tout est dit ! Acceptez ce parc éolien, taisez-vous et nous vous donnerons de l’argent !

    Pour lire l’article de presse d’Ouest-France en date du 23 février 2024 :

  • Le maire de Moulézan, suspecté d’avoir produit 700 faux

    Le maire est convoqué devant la justice

    Le maire de Moulézan, Pierre Lucchini, comparaîtra devant la justice le 13 mai 2024 pour faux, usage de faux et usurpation d’identité. Il est suspecté d’avoir produit 700 faux dans le cadre de l’enquête publique du projet éolien du Bois des Lens.

    Un nouveau rebondissement dans le cadre du projet éolien du Bois des Lens. Le maire de Moulézan, Pierre Lucchini, sera jugé en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité le 13 mai 2024 à Nîmes. Il est soupçonné de faux, usage de faux et usurpation d’identité. Une information révélée ce mercredi par nos confrères du Canard Enchaîné et que France Bleu Gard Lozère est en mesure de confirmer. Pierre Lucchini est suspecté d’avoir produit 700 faux dans le cadre de l’enquête publique du projet éolien. Contacté, l’édile qui avait été condamné en février 2023 pour violences sur l’élu d’une commune gardoise, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

    Les responsables du Collectif d’association pour la défense du bois de Lens se disent « choqués » et « indignés » par cette annonce. « Ces actes frauduleux devraient conduire à l’annulation de l’enquête publique, voir à l’abandon pur et simple du projet » concluent-ils.

    France Bleu Occitanie

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    Un article du canard enchaîné sur ce sujet