Il est question du projet sur Brebières et dans la vallée de l’Escrebieux

Pour la « petite » histoire, la banderole ci-dessus posée près de la polyclinique de Bois-Bernard a disparu : volée par des mains malhonnêtes ? Reprise par quelqu’un pour la mettre ailleurs ? L’enquête suit son cours, initiée évidemment par la brigade Anti-gang conjointement avec la BRI ! Affaire à suivre. Plainte va être déposée. C’est tout de même très désolant.
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Devant la justice administrative, le projet éolien de Brebières s’oriente vers une relance
Le projet de trois éoliennes sur le territoire de Brebières était étudié ce mercredi matin devant la cour administrative de Douai. Le promoteur attaquait un refus d’autorisation du préfet. Le rapporteur public est allé dans son sens.
La cour administrative de Douai devrait rendre sa décision d’ici un mois.
La société Parc éolien de Brebières (derrière laquelle se trouve deux entreprises spécialisées dans la production énergie éolienne, Alterric et Valeco) ambitionne de construire trois éoliennes de 198 mètres de haut en bout de pale et un poste d’exploitation, derrière l’usine Renault de Douai. Après l’enquête publique, le projet s’est heurté à un refus d’autorisation environnementale signifié par le préfet du Pas-de-Calais le 28 mars 20204. Le recours formé par la société était étudié par la cour administrative d’appel de Douai ce mercredi. Son argumentaire a trouvé un écho auprès du rapporteur public.
Elle contestait la gêne visuelle que les mats provoqueraient en certains points sur les terrils classés UNESCO d’Hénin-Beaumont (Sainte-Henriette) et Méricourt (Bossu), ainsi que sur l’église Saint-Martin d’Hénin-Beaumont. Elle relevait que le paysage agricole, traversé par des autoroutes, voies ferrées « ne présentait pas de particularité remarquable ». Ce rapporteur public a estimé que la société était fondée à attaquer l’arrêté préfectoral. Il recommande que la cour enjoigne au préfet de réexaminer sa décision dans un délai de quatre mois.
Problème politique ?
L’avocat de la société a enfoncé le clou notant que le préfet avait étiré au maximum ses délais de réponse (la demande d’autorisation a été formulée en 2021) et, anticipant un nouveau refus du préfet, a demandé à la cour de se substituer à lui et délivrer directement l’autorisation environnementale.
De manière plus inattendue, Me Guiheux a évoqué « un problème d’ordre politique », évoquant « des pressions » sur le préfet, le projet se situant près d’Hénin-Beaumont, dont la municipalité est Rassemblement national, parti « qui a fait du développement de l’éolien une ligne rouge ». Le préfet n’était pas représenté à l’audience. La décision a été mise en délibéré.
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Recours en vue
Du côté des nombreux opposants, le revirement du nouveau préfet, entré en fonction en avril dernier, fait grincer des dents. « On n’est pas content, je ne m’attendais pas à ça », réagit Frédéric HUMEZ, maire de Quiéry-la-Motte. « Il a interprété qu’il fallait qu’il change d’avis, mais je n’ai pas compris la même chose ». Hostile au projet, comme nombre de communes voisines, notamment Bois-Bernard et Drocourt, Quiéry-la-Motte envisage de former un recours en justice.
L’association ESCREBIEUX compte aussi se faire entendre, considère Pierre Rose, président du collectif : « Nous allons faire intervenir des particuliers, des maires, des associations. Nous allons soulever des aspects qui n’ont pas été envisagés jusque-là », comme la protection de la biodiversité ou la saturation des Hauts-de-France en mâts éoliens.
Pour l’arrageois Bruno LADSOUS, président de Vents de colère, ce combat est essentiel. « Si ce projet et celui de Brebières aboutissent, alors les implantations d’éoliennes vont repartir de plus belle sur ce territoire ». Les opposants ont jusqu’au 28 décembre pour saisir la cour administrative d’appel. Pour payer les frais de justice, ESCREBIEUX organisera des levées de fonds via des lotos, et sollicitera l’appui de Stop Eoliennes Hauts-de-France, association financées par le conseil régional.
A l’inverse, Izel-lès-Equerchin, où deux des trois éoliennes sont prévues, est favorable au projet « qui a été lancé par mon prédécesseur. Je suis dans la continuité. Les détracteurs dénoncent une pollution visuelle , mais quand on vient de Fresnes, on voit des lignes électriques, des éoliennes (à Courcelles-les-Lens-Flers-Esquerchin) le champ visuel est déjà détérioré, cela ne change pas grand-chose », explique la maire Corinne DUBOIS.
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Commentaire aux propos de la maire d’Izel-lès-Equerchin dans ce dernier article
Bien entendu, le raisonnement de la maire d’Izel est classique et utilisé encore par le rapporteur de la cour administrative d’appel lors de l’audience ayant traité le projet d’éoliennes sur la commune de Brebières : la région est déjà polluée (anthropisée, comme on dit dans le beau jargon), donc une pollution de plus peut s’envisager.
Un scandale tellement courant !
Cela pourrait expliquer pourquoi notre région des Hauts-de-France est la terre promise d’entreprises polluantes ou d’entreprises exploitant leurs habitants.
Madame DUBOIS applique-t-elle ce principe dans sa profession ?