Éoliennes, ésotérisme et enfumage

Ce sont les trois mamelles du progrès

Les éoliennes ont envahi le territoire français. Elles sont censées produire de l’électricité : une denrée de plus en plus recherchée. Mais elles sont aussi une nuisance pour les hommes et les animaux…

Les éoliennes divisent. Il y a ceux qui en profitent, ceux qui s’en disent les victimes et la grande majorité qui fait confiance à la « Science » et aux médias. Ces « experts », loin d’être neutres, confortent surtout les premiers au détriment des seconds : Illustration !

Dans les médias, l’éolienne est un sujet délicat : beaucoup d’argent en jeu ! Lorsqu’on sillonne les campagnes du nord de la France on ne voit qu’elles. Mais, dans les journaux, quand on en parle, c’est toujours avec prudence. Pas question d’évoquer les dangers qu’elles représentent pour les êtres vivants. Souligner les performances techniques de ces mâts de plus en plus hauts, de ces turbines de plus en plus puissantes, mues par la force du vent est bien vu ; suggérer que ces engins puissent être considérés par d’aucuns comme une nuisance, cela ne se fait pas ! Il y a parfois des exceptions ! Ainsi, un grand titre de la Presse quotidienne régionale aborde la question sous un angle inattendu. L’article s’offusque de « l’influence grandissante des géobiologues et le laisser-faire des autorités », sic, en matière de champs éoliens. « Ce sont deux mondes qui s’opposent, celui de l’ingénierie et celui de la géobiologie », explique-t-on, « cette dernière, {…} est une pseudoscience censée détecter les courants électromagnétiques qui perturbent les bovins ».

La géobiologie, quesaco ? Selon Google : « La géobiologie est l’étude de l’influence d’un lieu sur l’environnement et les êtres vivants (animaux, végétaux, humains ». Mais, que viennent faire ces géobiogéologues dans les champs éoliens ? Pour le savoir, rien de mieux que d’interroger un porte-parole de l’industrie du Vent relayé par le journal. « On a de plus en plus de demandes de réalisation de diagnostics géobiologiques », confirme l’homme de l’Art. « C’est plus vrai dans l’Ouest, mais ça a tendance à bien se développer dans le Nord » et de dénoncer « « l’intolérable complaisance de certaines autorités. Un petit groupe de personnes peut déstabiliser une filière entière parce qu’il y a une inaction des pouvoirs publics. » Selon ce discours des vents dominants, ces géobiologues, acoquinés aux services de l’Etat, seraient les responsables d’un ralentissement de l’expansion des champs éoliens : quasiment un complot ! C’est pourquoi il devenait urgent de convoquer la presse en renfort pour corriger cette anomalie.

En théorie, l’éolienne est un produit séduisant. Elle produit du courant électrique grâce à la force du vent… une énergie renouvelable, inépuisable ! Mais, on découvre que ces nouveaux mâts éoliens génèrent des nuisances de diverses natures. En 2006, un rapport de l’Académie de Médecine – qui reprend les recommandations de l’OMS -préconise de ne pas installer d’éoliennes à moins de 1500 m d’une habitation. Mais, sous le gouvernement Sarkozy Fillon, conforté par un rapport de l’AFSSET et de l’Académie de Médecine – qui a tourné casaque -, le Sénat – toujours à la pointe de la défense de l’environnement, comme on a pu le voir à l’occasion des lois Duplomb – réduit cette distance à 500 m ! Pour quelle raisons cette « bonne Science » et le Sénat se sont-ils conformés aux désidératas de l’Industrie du vent ? Est-ce bien raisonnable ? Désormais, la hauteur des mâts et la puissance de ces engins ont triplé mais pas les distances de sécurité !

A l’usage, On découvre que ces éoliennes ne sont pas la panacée. Elles ne fonctionnent que lorsque le vent souffle. Elles ne sont qu’une énergie intermittente d’appui. L’éolien avec 8% de la production d’électricité, est une composante minoritaire du mix énergétique. En revanche, la filière du vent coûte un bras. En moins de dix ans elle a reçu près de 90 milliards de subventions publiques, plus que pour toutes les autres filières confondues. A Paris comme à Bruxelles le Lobby des éoliennes est passé maître dans la manière de faire souffler le vent dans la bonne direction. Dans les villages, défigurés par les champs éoliens qui les entourent, on déchante. La multiplication des mâts éoliens transforme la campagne en une centrale industrielle électrique géante. L’impact visuel est défavorable au patrimoine naturel, historique et immobilier. Les biens, y subissent d’emblée une décote de 20 à 30 % et plus pour une demeure de prestige. Les éoliennes sont un système de vases communicants. Les importants bénéfices qui tombent dans l’escarcelle des promoteurs des Champs éoliens impliquent une soustraction des poches de villageois-riverains par la dévaluation de leurs biens.

Il y a un autre domaine où l’implantation des champs éoliens pose question, c’est celui de la santé des êtres vivants. Dans un rayon de 200 m autour d’une éolienne, toute vie animale disparaît : les insectes qui viennent encrasser les hélices, les oiseaux et les lapins qui décèdent sur place. Ainsi la Fédération des chasseurs de l’Oise, communique (Vendredi 13 octobre 2023) sur le manque de lièvres et de lapins depuis l’ouverture de la chasse et la présence de nombreux cadavres dans les bois et sur la plaine. Elle suspecte un mystérieux virus qui provoquerait des hémorragies internes chez les animaux. Aux dernières nouvelles, l’agent pathogène n’a toujours pas été identifié. Les mauvaises langues soupçonnent les éoliennes, les antenne-relais, ainsi que les lignes à Haute-Tension d’être les responsables du phénomène. Les élevages d’animaux sont les premiers impactés. Adieu, poules, lapins, cochons, couvées et surtout vaches laitières qui subissent de plein fouet l’implantation des éoliennes tout près des zones d’habitation. Un exemple parmi des milliers a fini par être médiatisé. C’est celui d’un éleveur de Nozay, en Loire Atlantique. Il a perdu 450 bêtes et, après des années de procédure, il a dû se résoudre à vendre sa ferme pour une bouchée de pain. En mars 2023, les éleveurs de l’ANAST (Animaux sous tension) se rendent au salon de l’agriculture pour interpeller la presse et les autorités sur les risques qu’encourent leurs cheptels face à la prolifération des pollutions électromagnétiques. Dans les couloirs, ils vont même croiser la route d’Emmanuel Macron, le président de la République. S’ensuit un dialogue de sourds où les éleveurs font part de leurs problèmes tandis que le Président parle du progrès de la civilisation moderne dans les campagnes.

Pendant cette longue séquence, le président de la FNSEA et le ministre de l’Agriculture de l’époque, Marc Fesneau regardent leurs chaussures. Si les éleveurs n’ont pas eu gain de cause auprès du gouvernement, ils ont engrangé des soutiens auprès de quelques scientifiques indépendants mais aussi d’hommes et partis politiques qui pourfendent les éoliennes et les antennes – relais. Sur certains dossiers, même la FNSEA locale se joint au concert. Ainsi les services préfectoraux se retrouvent entre le marteau et l’enclume… entre le lobby du Vent et les éleveurs ruinés et leurs soutiens. On comprend leur prudence. Ils ont à résoudre une contradiction entre un principe théorique entériné par la loi (la sécurité du monde vivant pour une distance minimum de 500 m) et un constat pratique (les animaux sont malades, jusqu’à leurs décès). En cas de contestation, l’éleveur ne peut pas avoir gain de cause, car le Conseil d’Etat se fondera sur – et uniquement sur – les textes en vigueur, ce qui enflera la cohorte des contestataires. C’est là que l’expertise en géobiologie est précieuse. Elle peut expliquer en fonction de la configuration du sol (notamment les nappes phréatiques ou les rivières souterraines) pourquoi la pratique bat en brèche la théorie. Si les choses se passent mal on pourra toujours lui en en attribuer la responsabilité, exonérant par là même les services de l’Etat. Dans le département de Loire-Atlantique le diagnostic géobiologique est devenu obligatoire. Ce n’est pas un hasard. C’est une conséquence des recours de l’éleveur de Nozay qui a perdu son troupeau suite à la construction d’un champ éolien près de sa ferme. Cela met très en colère le porte-parole de l’industrie éolienne : « La géobiologie n’est pas établie comme une science exacte. Un ingénieur, qui a fait 5 à 7 ans d’études, fait des rapports ultra-précis, des études risques, techniques, scientifiques, très poussées, et tout peut être réduit à néant par un géobiologue, un druide, qui va dire qu’il y a un courant tellurique et que l’éolienne va provoquer des troubles parfois jusqu’au décès des animaux. » Que la géobiologie soit une science ou une pratique ésotérique, n’est pas le sujet. Il est très vraisemblable que les méfaits des éoliennes sur le monde vivant – et notamment les villages proches des champs éoliens – sont surtout provoqués par l’inadéquation des normes. En France, la distance légale est fixée à 500 m de la première habitation tandis qu’aux Etats Unis cette distance minimale est de 2 000 m. L’Allemagne qui avait des normes comparables aux nôtres, instruite par l’expérience, a repoussé sa distance d’implantation des nouvelles éoliennes à 1 000 m de la première habitation. Une illustration parmi d’autres de la lutte permanente entre les pollutions industrielles et la population.

http://blog.prophoto.fr/eoliennes-esoteris

** **

Commentaire d’Alain

J’ai écrit – comme tout le monde – que selon la législation américaine, les éoliennes ne pouvaient être érigées à moins de 2 000 m. C’est faux ! D’abord, c’est environ 1900 m parce que les normes sont en miles. Ensuite, la législation a changé depuis les années 2 000. C’est 1 900 m pour les autoroutes mais seulement, environ 480 m pour les habitations. Cela aurait été étonnant qu’ils soient meilleurs que nous ! La chose a pu être rectifiée grâce à un lecteur américain et un lecteur canadien.

** **

Autre commentaire

Article très intéressant. Alain pose bien le problème des « fermes » industrielles à perte de vue très souvent appartenant à des fonds de pension étrangers, des banques et des assurances profitant des mannes de notre EDF 100% public pourtant hyper-endettée avec le dispositif ARENH devenu VNU que NOUS finançons + les financements PUBLICS supplémentaires pour aider les sociétés privées. C’est-à-dire qu’elles nous coûtent très cher en tant que contribuables pour des bénéfices privés. Celles de Nozay et la famille Potiron, on connaît de près. Et les Verts locaux sont des anguilles. Cela les dérange. Pourtant, il y a bien un problème qui mérite qu’on le regarde en face. Et qu’ils se méfient : ce problème, la droite et l’extrême droite nucléariste savent très bien l’exploiter. Nous sommes dans l’impasse complète quant à notre devenir écolo-énergétique. Pas sûr qu’une centrale nucléaire en ces endroits soit préférable !

Le problème de fond est le suivant : le tout électronumérique que l’on nous force à adopter comme mode de vie et civilisation hyperindustrialisé capitaliste « progressiste » est-il écologiquement soutenable ? Evidemment que NON. Y a-t-il débat citoyen contradictoire sur ces sujets ? Bien sûr que NON.

** **

Dernier commentaire

 les Hauts-de-France représentent 6% du territoire français, 14% de la population et produisent 30% de l’électricité éolienne.
 L’Allemagne adopte la règle suivante en ce qui concerne la distance d’implantation : 10 fois la hauteur des éoliennes. Concrètement, dans le cas d’Izel-lès-Equerchin et Quiéry-la-Motte, comme on a des éoliennes de 160 et 180 m dans le projet en attente, cela signifierait 1600 ou 1800 m. On en est loin.