Opposition des municipalités
Il vient d’être lancé à deux pas de la frontière valenciennoise. Aspiravi veut implanter quatre éoliennes. Eric Thiébaut, bourgmestre d’Hensies, réagit. Il est fermement opposé à ce projet. Voici pourquoi.
Les projets éoliens se multiplient dans le secteur, notamment dans les Hauts-Pays en Belgique. Le parc éolien situé entre Dour, Hensies et Quiévrain, où se tient chaque année le Dour Festival, devrait notamment bientôt être entièrement renouvelé. Et en juin, une réunion d’information a été organisée à Quiévrain. Elle portait sur la demande de permis unique introduite par la société New Wind. L’entreprise, basée à Namur, souhaite construire et exploiter un parc de trois éoliennes sur des terrains agricoles entre les communes de Quiévrain et Hensies.
« Ça commence à faire beaucoup »
Ce n’est pas tout : une nouvelle réunion d’information est prévue le 13 avril à 18 heures à la salle communale de Montroeul-sur-Haine (Hensies). Elle porte sur un autre projet éolien. La société Aspiravi, de Courtrai, veut construire quatre éoliennes d’une puissance unitaire maximale de 7 MW, également sur Hensies et Quiévrain. « Nous n’avons encore que peu d’informations », réagit Jean-Pierre Landrain, bourgmestre de Quiévrain. « Nous ne disposons que du lieu d’implantation des éoliennes. Nous ne sommes qu’au tout début de la procédure. Mais c’est sûr que ça commence à faire beaucoup… »
Eric Thiébaut, bourgmestre d’Hensies, se montre plus catégorique. « Nous ne sommes pas opposés au renouvellement du parc éolien entre Dour, Hensies et Quiévrain », explique-t-il. « Ces éoliennes existent depuis des années, elles font partie du paysage. On s’y est habitué. Par contre, je suis défavorable à l’implantation de nouvelles éoliennes. J’estime que nous sommes arrivés à un niveau suffisant. Au-delà, ça commence à devenir trop. Au conseil communal, nous avons décidé de nous opposer à tout nouveau projet éolien situé au-delà de la ligne de chemin de fer. Et ce dernier projet s’y trouve. Des éoliennes si près des villages de Thulin et de Montroeul-sur-Haine et donc proches des habitations, ce n’est pas acceptable. Je m’opposerai fermement à ce projet. J’ai déjà prévenu les demandeurs, mais ils s’imaginent passer outre l’avis de la commune. »
Le dernier mot revient en effet à la Région wallonne. Et les auteurs de projets espèrent que la Région ne suivra pas la position de la commune. Contactée, la société Aspiravi n’a pas souhaité réagir. « Afin de respecter l’esprit de la procédure et la place centrale accordée au public dans ce processus, Aspiravi veille à ce que les premières informations détaillées soient présentées en priorité aux riverains lors de la RIP (réunion d’information préalable). Il s’agit à la fois d’une démarche de respect vis-à-vis des personnes directement concernées et d’une application cohérente des principes de participation du public prévus par le législateur », nous explique-t-on.◼