Habitants et élus mobilisés
En Limagne, opposition à un projet d’éoliennes sur les communes de Thuret, Surat, Les Martres-sur-Morges et Sardon.
Dans le Puy-de-Dôme, des habitants de Limagne se mobilisent contre l’installation d’un parc éolien sur les communes de Thuret, Surat, Les Martres-sur-Morges et Sardon. Un projet porté par l’entreprise Neoen dont on sait encore peu de choses.
Pour l’instant, seul un mât de mesure du vent d’une centaine de mètres installés au milieu des champs sur la commune de Surat, dans le Puy-de-Dôme, témoigne de la possible installation d’un parc éolien. « Imaginez une dizaine d’éoliennes, de hauteur double du mât de mesure« , détaille Jacques Bauvir, habitant de la commune et membre de l’association Aler (Association Limagne environnement ruralité) qui projette déjà l’impact visuel au milieu de cette plaine dégagée, sur fond de chaîne des Puys – faille de Limagne, classée au patrimoine mondial de l’Unesco.
Comme lui, Stéphanie Boisset, habitante de Thuret a découvert le projet en début d’année lorsque l’entreprise Neoen dépose dans sa boîte aux lettres une newsletter montrant un périmètre d’implantation possible, sur les communes de Thuret, Surat, Les Martres-sur-Morges et Sardon, prenant en compte la distance légale de 500 mètres des habitations. A part ça, rien ne filtre puisque l’entreprise négocie seulement avec les propriétaires qui accepteraient une éolienne sur leur terrain.
Jacques Bauvir devant le mât de mesure préalable à l’installation d’éoliennes. Cet habitant de Surat fait partie des opposants au projet. © Radio France – Juliette Micheneau
« Pourquoi gâcher un tel paysage« , se dit immédiatement Stéphanie Boisset qui s’inquiète aussi des impacts sur la santé, « le fond sonore, l’aspect visuel avec l’effet stroboscopique« , l’impact aussi sur la biodiversité et les oiseaux protégés de la plaine de Limagne.
Nous avons contacté Neoen, le porteur de projet ne veut pas communiquer à ce stade. Les résultats des premières études sont attendues sous peu mais pour les opposants assurent que s’installer en Limagne est un non sens. « Il suffit de regarder la carte des vents sur toute la France, nous sommes dans une zone les moins ventées. Ou il n’y a pas assez de vent, ou il y en a trop », selon Stéphanie Boisset, les éoliennes ne fonctionneraient que 20% du temps.
Ces habitants dénoncent aussi des projets éoliens dopés aux subventions de l’Etat alors que l’entreprise Neoen est certes française mais détenue quasi intégralement par un gestionnaire d’actifs canadien.
Une demande d’autorisation envisagée en 2027
Quant aux quatre communes concernées, leurs maires s’opposent aujourd’hui aux éoliennes. Marc Conçu, maire de Thuret espère d’ailleurs faire voter une résolution en ce sens par son conseil municipal. Pour lui, les compensations financières promises par l’opérateur « sont dérisoires au regard des effets négatifs que pourrait avoir l’installation des éoliennes. »
Ces maires, ainsi que la population seront consultés si Neoen dépose une demande d’autorisation, possiblement en 2027, sachant que c’est la Préfète du Puy-de-Dôme qui aura le dernier mot pour autoriser ou non le projet. L’entreprise envisage ensuite une mise en service en 2032.
Les opposants, eux, se mobilisent avec une pétition en ligne et une marche au départ des quatre communes le dimanche 14 juin , en direction du fameux mât de mesure.
Ici Puy-de-Dôme