Dans la Voix du Nord

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Une centaine de personnes réunies pour dire « non » aux éoliennes 

Une petite centaine de personnes s’est postée devant la mairie de Bachant pendant le conseil municipal.

Bachant. Mercredi soir, habitants et associations ont manifesté contre le parc éolien   devant la mairie. Au même moment, les élus se sont prononcés en faveur du projet,   dans le cadre de l’enquête publique qui s’achève le 26 juin. 

Pancartes levées bien haut, ils sont une petite centaine à reprendre en chœur : «  Non aux éoliennes ! Non aux éoliennes ! »

Mercredi soir, les opposants à la Grande Fâche se sont postés au pied de la mairie de Bachant pour manifester leur mécontentement. Derrière les portes de l’hôtel de ville, les élus, réunis en conseil municipal, étaient appelés à se prononcer sur ce projet de parc éolien. Et l’ont fait favorablement, comme c’est le cas depuis ses prémices, il y a sept ans. Chiffré à trente millions d’euros, il est composé de cinq appareils, et devrait voir le jour en 2029 entre Bachant et Saint-Rémy-Chaussée.

«  On s’interroge sur les conséquences pour la santé des riverains, l’impact sur les animaux et notamment les oiseaux », énumère Christine Lefebvre. À la tête de l’association CpaBoSa, la Bachinoise vit dans le quartier du Malakoff, non loin de la plaine où s’élèveront les éoliennes destinées à alimenter en électricité 18 000 personnes.

Maryse, 72 ans, elle, tempère. «  Je ne suis pas contre, mais à condition que les habitants soient respectés. Les 500 mètres de distance avec les premières habitations ne sont pas suffisants, jauge cette habitante de Bachant . La question de l’argent n’est pas la plus importante. »

Retombées fiscales

Selon le maire de Bachant, la commune obtiendrait 80 000 € de recettes fiscales, chaque année, sur les 230 000 € à destination des collectivités. Une somme que Boralex avait annoncée, précisant que le projet était chiffré à 30 millions d’euros. «  Cet argent nous servira à refaire les voiries, à entretenir les bâtiments publics, à aménager le parc de la commune. Je respecte les personnes qui sont contre le projet mais il faut aussi respecter ceux qui sont pour », estime David Zélani qui a toujours défendu corps et âme l’installation, au nom des retombées économiques et de la «  lutte contre le réchauffement climatique ».

Le vote du conseil municipal, comme la manifestation, n’arrivent pas par hasard : l’enquête publique qui permet de s’informer et de se prononcer sur le sujet est en cours depuis le 26 mai, jusqu’au 26 juin. À ce sujet, toute personne, collectivité ou association concernée, de près ou de loin, par le parc éolien peut y apporter sa contribution.

«  Nous allons faire part de toutes nos remarques », assure Christine Lefebvre. Une procédure qui ne modifiera toutefois par le projet porté par l’industriel canadien Boralex. Charge ensuite à la préfecture de donner son autorisation ou non, laquelle pourra éventuellement être soumise à des recours.

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Un promoteur désireux d’installer de nouvelles éoliennes à Dohem, Avroult, Saint-Augustin, Mametz, Ecques…

La société Alterric a organisé le mois dernier une journée porte ouverte sur son site de Pihem pour tenter de séduire les élus concernés par des projets éoliens. Un mât de mesures récemment installé à Dohem annonce d’ailleurs notamment un projet envisagé sur cette commune, à Cléty et Avroult. 

Courant mai, un mât de mesures a été installé au milieu des champs à Dohem, en limite avec Cléty et Avroult, le long de la chaussée Brunehaut et de la route vers Fauquembergues. Le signe qu’un développeur de parc éolien souhaite s’implanter dans le secteur, dont on sait qu’il est propice à ce genre d’énergie puisque des éoliennes ont déjà poussé dans les environs, de Remilly-Wirquin à Delettes, en passant par Pihem ou Fauquembergues.

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Ce mât a été posé par la société Alterric. Il fait 100 mètres de haut, de façon à aller chercher les mesures là où les éoliennes sont censées se fournir en vent. « Les instruments disposés permettent de vérifier la présence, la continuité et le sens du vent, explique Alexia Carrette, responsable de projets, chez Alterric. Il sera utilisé sur une année pour s’assurer des données dans le temps. » Des micros placés sur le mât permettent aussi d’évaluer la présence des chauves-souris dans le périmètre du projet. Et si oui ou non cette présence est susceptible de contrarier la pose d’éoliennes. La présence du mât est aussi un indicateur que « l’étude environnementale a commencé », complète Alexia Carrette. Tout en sachant aussi que les accords fonciers sont assez nombreux pour justifier l’engagement du projet.

Alterric a l’espoir de monter au moins trois nouvelles éoliennes sur les communes d’Avroult, de Dohem, voire aussi de Cléty, le long de la D 928. Elle devra se battre contre une association, Vent libre, basée à Avroult, qui a fait circuler dès juillet 2025 une pétition appelant à l’arrêt d’implantations sur ce secteur. Sur le site Internet change.org, elle compte aujourd’hui 1 050 signatures. Les conseils municipaux s’étaient prononcés contre le projet l’an dernier, le maire de Cléty jugeait notamment que ça « n’était pas avantageux d’avoir des éoliennes sur le sol de la commune ».

Les autres projets en vue

La société Alterric est très présente sur le secteur. Elle envisage déjà l’extension du parc de Pihem, pourtant vieux de seulement deux ans, en le déportant vers Cléty et Bellinghem : « On doit reconduire une partie des études. » Le dossier administratif serait déposé en fin d’année pour une mise en service potentiellement en 2030. De quatre machines, le parc pourrait passer à au moins trois de plus.

Alterric a aussi nourri dernièrement un projet de cinq machines à Blessy et Estrée-Blanche, combinées à trois autres à Mametz. Seules les cinq premières sont en bonne voie. « Pour Mametz, on avait l’accord de principe des propriétaires, mais pas celui des élus », raconte Antoine Touillet, chargé de projet. Il s’agit ainsi de prolonger Blessy le long de l’autoroute A26, avec trois machines. Le dossier devrait lui aussi être déposé en fin d’année.

Deux projets à Saint-Augustin

En plus de Dohem, un mât devrait être hissé en septembre à Saint-Augustin pour planter des machines, toujours à proximité de l’autoroute, sur les territoires de cette commune et de Bellinghem, comme c’est déjà le cas un peu plus loin en direction de Béthune. Sur ce secteur, l’une des principales difficultés est de prendre en compte le nombre de propriétaires sur le périmètre concerné : « Ils sont nombreux, environ 200 pour Saint-Augustin ; quand on fait des projets dans l’Aisne ou l’Oise, on a trois ou quatre fois moins de propriétaires », explique Antoine Touillet.

Saint-Augustin pourrait faire l’objet d’un autre projet, à proximité des zones d’activités. Ces zones, situées à Ecques et Saint-Augustin donc, peuvent très bien accueillir de l’éolien, quitte à fournir en énergie les entreprises du secteur, et notamment la plateforme Lidl. Il s’agirait de trois éoliennes, voire plus, en fonction des autorisations. « On se doute que tous ces projets n’aboutiront pas forcément », philosophe Antoine Touillet. Mais Alterric soigne ses atouts pour dégager un maximum d’autorisations.

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