Pétition : non à un projet éolien qui coche toutes les mauvaises cases et porterait un grave préjudice au Parc Européen des Plaines Scarpe Escaut
Cette pétition a été adoptée à l’unanimité lors du Conseil d’Administration de FNE Hauts de France du 11 mai 2026.
Nous vous demandons DE BIEN VOULOIR LA SIGNER ET LA PARTAGER AFIN D’EXPRIMER EN NOMBRE NOTRE REFUS DE VOIR LA BIODIVERSITE FORTEMENT REDUITE au sein d’un Parc Naturel Européen POUR UN PETIT GAIN D’ENERGIE ELECTRIQUE.
Réduire la crise climatique au seul enjeu énergétique nous conduit inévitablement dans une impasse, car ENJEU CLIMATIQUE ET ENJEU BIODIVERSITE SONT INTERDEPENDANTS
Parc Européen des Plaines Scarpe Escaut
8 novembre 2022, présentation publique du projet: une très forte opposition citoyenne se fait entendre, de la part d’habitants riverains, de naturalistes et d’élus, aussi bien français que belges, car il se situe près de la frontière franco-belge et au cœur du PEPSE.
4 septembre 2023, Monsieur Bruno Mat, codirecteur de VENTIS, déclare à Monsieur Jean Claude Brunebarbe, président de L’iris sauvage, administrateur de FNE HdF: « l’EIE est terminée concernant Faune et Flore, elle a été transmise au DNF, il n’y a aucune espèce rédhibitoire »…
15 avril 2026, Atelier public de restitution des résultats de l’ EIE (Etude des Incidences Environnementales) à Laplaigne.
Nous apprenons que :
1 – le projet a été réduit de 5 à 4 éoliennes, l’éolienne la plus proche du Grand Large de Péronnes est retirée du projet,
2 – le fleuve Escaut est reconnu comme couloir migratoire MAJEUR,
3 – sont prévus des plages horaires d’arrêt des éoliennes lors des arrivées et départs des laridés (mouettes, goélands…) sur leur dortoir du Grand Large de Péronnes, et des arrêts automatiques à la détection d’approches de vols migratoires, .
4 – des mesures d’évitement des nombreuses espèces de chauves-souris détectées en présence permanente ou en passage migratoire sont prévues.
Le projet semble ainsi se conformer à la séquence ERC: Eviter , Réduire, Compenser.
En réalité, aucunes mesures d’évitement, de réduction ou de compensation ne pourraient rendre ce projet acceptable, tant les atteintes à la faune et au paysage seraient considérables.
Comment ?
Les pertes sur la faune seraient très conséquentes malgré les mesures annoncées pour les éviter ou les minimiser, parce que:
– un territoire très riche en espèces diverses, placé le long de l’Escaut, dont l’étroite vallée depuis Tournai jusqu’au site choisi est reconnue couloir migratoire majeur,
– un corridor biologique: la rivière La Grande Ruisselle prend sa source en France dans la Forêt domaniale de Flines lez Mortagne, traverse la frontière puis La Plarie, où 3 stations de pompage la rejettent dans l’Escaut. Elle fait le lien entre plusieurs zones humides locales, les coupures de Hollain et de Bléharies, en Belgique, et les marais de Roeux et des Mortiers en France,
– La Plarie, site sur lequel voudrait s’implanter le projet, répertorié SGIB 2466, Site de Grand Intérêt Biologique, longe la rive droite de l’Escaut. C’est le territoire de chasse du Grand Duc d’Europe,
– Site entouré aux quatre horizons de Zones Natura 2000, SGIB et ZHIB :
Coupure de Hollain SGIB 276, Site de Grand Intérêt Biologique, et ZHIB 6438, Zone Humide d’Intérêt Biologique,
Coupure de Bléharies SGIB 279, et ZHIB 6319
Rieu des Prés SGIB 2483,
Prés Monchelet SGIB 2485
Fond de la Grande Ruisselle SGIB 2486
Pré humide du Grand Large SGIB 1889
Sablière du Bois de Fouage SGIB 674
Bois du Grand Large SGIB 2464
Aérodrome de Maubray SGIB 675
et en France un immense espace de 13028 ha, longeant et entourant l’Escaut, classé Natura 2000 FR 3112005, comprenant la Forêt de Flines lez Mortagne, qui se prolonge par les Bois de Lanchon et de Péronnes jusqu’aux abords immédiats de La Plarie. Plusieurs espèces de rapaces (toutes protégées) comme la Bondrée apivore, l’Autour des palombes, la buse variable, les Faucons crécerelle et hobereau, l’Epervier … se reproduisent dans cette forêt, leurs territoires de chasse englobent La Plarie.
Présence de la Couleuvre helvétique
Après 30 années de disparition supposée la Couleuvre helvétique a été retrouvée en 2024 lovée sur la chaussée bétonnée rive droite de l’Escaut, en bordure ouest de La Plarie. Les chemins d’accès bétonnés reliant les éoliennes présenteraient un risque d’écrasement pour elle, alors qu’elle signe sa réapparition dans le secteur.
Le couloir migratoire de l’Escaut est en pleine recrudescence après deux siècles d’amoindrissement, par exemple:
– les cigognes blanches, disparues de Belgique dans les années 1950, et du nord de la France depuis bien plus longtemps – dernières nidifications à Valenciennes vers 1850 – passent plus nombreuses chaque année, par groupes de plusieurs dizaines et parfois centaines, et commencent à nicher dans les environs immédiats. Nidification en 2025 à Condé sur Escaut, et tentative à Flines lez Mortagne en 2025 par un oiseau mâle stationnant de début octobre 2024 à fin mars 2025 sur une plate forme spécialement aménagée en lisière nord du Vivier de Rodignies; bagué au nid au zoo de Plankendael, 2 ans, immature…
– les cigognes noires passent aussi en nombre croissant, groupe de 5 oiseaux en migration, vus à l’envol rive gauche de l’Escaut, au sud de La Plarie, en août 2024, d’autres vues sur le domaine de Your Nature et en lisières de la forêt de Flines lez Mortagne en 2025. Suspicion de nidification en forêt de Saint Amand les Eaux en 2025. Il est certain qu’elles nicheront prochainement dans les forêts humides environnantes, et la Plarie sera un de leurs territoires de chasse.
– 2 Pygargues à queue blanche juvéniles stationnant à Chabeau Latour (Condé sur Escaut) en avril 2026, et au Marais d’Harchies, site RAMSAR belge, contigu au site RAMSAR français.
– Balbuzard pêcheur, en passage régulier
– Elanion blanc, vu en 2025,
– plusieurs mentions de Milan royal, vus en 2026
– quantité de passereaux en bandes migratrices nombreuses : Chardonneret, Pinson du Nord, Tarin des aulnes…
Cumul d’impacts
Les champs éoliens de Saint Maur, et Fontenoy, installés sur les coteaux rive gauche et rive droite de l’Escaut en amont de Tournai, qui voyaient passer cigognes et rapaces en migrations, dorénavant ces champs éoliens resserrent les bandes d’oiseaux migrateurs sur le lit majeur de l’Escaut jusqu’ à Antoing, entre les coteaux, aggravant ainsi le risque de collisions sur ces éoliennes qui seraient placées le long de l’Escaut.
Sous évaluation des impacts, discours qui anesthésie l’opinion
Voir la brochure “Les éoliennes: questions & réponses”
page 15 “ Quel est l’impact des éoliennes sur les chauves-souris? “
“ […] mise en place de mesures dites d’atténuation.[….] Ces mesures permettent d’éviter 95% des contacts avec les chauves souris…”
L’emploi du mot “atténuation” indique bien que la suppression totale des impacts est impossible. On admet donc 5% de “contacts” , euphémisme qui évite de parler de collisions mortelles. Et même si la chauve-souris n’est pas touchée par la pale, cette dernière provoque une dépression de l’air qui fait imploser les poumons de l’animal, c’est le barotraumatisme.
“ Des développements technologiques pour améliorer ces bilans sont en cours de test, notamment, l’émission d’ultrasons pour effaroucher les chauves-souris tout en permettant aux éoliennes de continuer à tourner. ”
“effaroucher”, nouvel euphémisme, pour éviter de dire que l’animal est chassé de son territoire ! et comment évaluer le dommage causé par ces ultrasons sur une oreille si sensible qu’elle permet à la chauve-souris de se guider vers la proie par écholocation, en captant le retour des ultrasons qu’elle émet?
“A cela s’ajoutent des mesures de compensation environnementale: plantation de haies et d’alignements boisés, installation de prairies humides,…qui fournissent aux chauves-souris des habitats de chasse et des zones de nourrissage à l’écart des éoliennes.
<strong>Ces mesures de compensation environnementale ne seront jamais à la hauteur du dommage provoqué.
Où trouver les espaces nécessaires, alors que La Plarie offre une surface de presque 200 ha couverte en majeure partie de végétation palustre indigène, la mégaphorbiaie, encore présente sous les peupleraies, indemne de pesticide et engrais, qui entretient une population très importante d’insectes proies des chauves-souris qu’on ne retrouvera pas. La pression foncière du besoin de surfaces à bâtir et à cultiver est telle en Belgique qu’une compensation réelle en surface est illusoire.
Et ces aménagements compensatoires sur une surface réduite mettront très longtemps avant d’être réellement fonctionnels. L’Homme ne répare pas les dégâts qu’il provoque en aménageant la nature, car cette nature met des siècles à produire ses biotopes riches et diversifiés.
pages 16-17 “ Les éoliennes sont-elles dangereuses pour les oiseaux? “
“Certaines espèces ne perçoivent pas l’éolienne en rotation comme un danger et risquent donc d’entrer en collision.[…] C’est le cas, par exemple, du milan royal ou de la cigogne noire. Les couloirs migratoires font également l’objet d’une grande attention. [….]
« Ajoutons qu’il existe des détecteurs qui permettent de prévoir à distance l’arrivée de vols migratoires, ce qui permet de mettre à l’arrêt les éoliennes, le temps du passage des oiseaux sur le site. En Wallonie, ce type d’outil doit encore être testé et être validé en termes de résultats pour les espèces sensibles.”
Alors pourquoi s’obstiner à vouloir installer des éoliennes dangereuses pour beaucoup d’espèces, et particulièrement les plus sensibles comme les chiroptères, le Milan royal et la Cigogne noire, sur un site aussi bien pourvu?!
Sur l’aspect paysager
– Covisibilté et sensation d’encerclement par les éoliennes de Saint Maur et de Fontenoy, en fonctionnement, et celles en projet sur la Plarie, vues depuis la rive sud du Grand Large de Péronnes, alors que la Route paysagère, arrivant de Péronnes, tracée par le PNPE, Parc Naturel des Plaines de l’Escaut, passe le long du site de La Plarie.
La vue bucolique depuis la digue sud du Grand Large sur les prairies et boisements adjacents, avec le chemin rural qui en descend, invite à s’y aventurer pour ensuite parcourir l’ancienne digue de retenue des inondations de l’Escaut: tout cela serait affecté par les 4 éoliennes prévues. Idem de la voie sur berge rive droite de l’Escaut, la vue sur La Plarie serait gâchée.
Le paysage est une composante essentielle du PNPE, comme du PNRSE, rassemblés dans le PEPSE. Le dommage serait irréparable.
Sur la faune locale autour et sur La Plarie
• Les 4 Eoliennes restantes sont placées en plein sur le passage des Laridés (mouettes, goélands…) venant de France en suivant l’Escaut et coupant au-dessus de La Plarie pour gagner directement, ou quitter, l’énorme dortoir du Grand Large de Péronnes (plusieurs milliers d’oiseaux). Ces passages durent jusqu’à 2 heures, et non une demi-heure, temps d’arrêt programmé pour les éoliennes afin d’éviter les collisions, annoncé par l’EIE.
• La suppression de l’éolienne placée au plus près du Grand Large ne diminue en rien la probabilité de collisions, les laridés volant sur un couloir très large au dessus de La Plarie, pour gagner le Grand Large de Péronnes.
• La Plarie, territoire de chasse des rapaces diurnes et nocturnes et de nombreuses espèces de chiroptères (Chauves-souris)
Rapaces diurnes: Buse variable, Autour des palombes, Bondrée apivore, Faucon crécerelle, Faucon hobereau, Faucon pèlerin, Epervier, Balbuzard pêcheur.
Rapaces nocturnes: Grand duc, Moyen duc, Chouette hulotte, Chouette effraie, Chouette chevêche.
Chiroptères :
Ils présentent des populations très diversifiées en espèces et nombreuses, à la fois sur le site de La Plarie et tout autour, particulièrement sur les digues Sud et Est du Grand Large, les Coupures de Hollain et Bléharies, et la Grande Ruisselle:
Les 4 espèces de Pipistrelles, la Sérotine commune, les Noctule commune et de Leisler, le Murin des marais (espèce nordique très rare car atteignant ici la limite méridionale de son aire de répartition), et 5 autres espèces de Murins, l’Oreillard roux.
Certaines sont migratrices au long cours comme la Pipistrelle de Nathusius, et le Murin des marais, et donc encore plus sensibles aux éoliennes car volant plus haut en passage migratoire.
Des sites d’hivernage très importants existent en France de l’autre côté de la frontière, dont un à proximité de La Plarie. Les transits entre sites d’hivernage, sites de mises bas/élevage des jeunes, et sites de swarming (rencontres entre mâles et femelles pour accouplement, pouvant regrouper plusieurs espèces et des centaines d’individus) peuvent passer au-dessus ou à travers La Plarie.
• Quantité d’oiseaux divers: Tourterelle des bois, Loriot, Héron cendré, Grand Aigrette , Aigrette Garzette, Héron garde bœufs, Héron Butor et Bouscarle de Cetti (qui marquent aussi le caractère humide du site)…
Sur le risque d’inondation
En cas de tempête extrême liée au dérèglement climatique avec vents et pluies hors normes, entraînant débordement de l’Escaut, simultanément avec coupure de courant et arrêt des 3 pompages de La Grande Ruisselle, l’inondation serait très dommageable aux éoliennes et risquerait de les déstabiliser. La surface du bief de l’Escaut tout proche est à 15m d’altitude, certaines parties de La Plarie sont à 12m, les éoliennes sont placées au maximum à 14m, certaines en dessous.
Pourquoi placer des éoliennes si bas alors que les plateaux environnants sont entre 30 et 70m d’altitude, où les vents sont plus puissants ?
Sur les conséquences néfastes auxquelles s’attendre en France
Une grande partie du PNRSE est classée RAMSAR, jusqu’à la frontière, et l’on trouve, touchant à la frontière les zones ZICO, Zones d’Importance Communautaire pour les Oiseaux, ZPS, Zone de Protection Spéciale, et ZNIEFF, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. A Flines lez Mortagne, tout près de l’Escaut, le Vivier de Rodignies, ZNIEFF, deviendra bientôt une RNR, Réserve Naturelle Régionale (EP en cours). On y voit stationner les cigognes blanches depuis des décennies.
Les migrateurs passent au-dessus de l’Escaut et de son affluent la Scarpe. Ces cours d’eau longent de nombreuses zones humides qui justifient le classement RAMSAR du territoire. Les populations d’oiseaux d’eau seraient fortement affectées par ce parc éolien sur La Plarie.
Bon à savoir : Une zone humide capte le carbone atmosphérique, moins que l’océan, mais mieux qu’une forêt. Voir le site de Wetlands International
Rappelons que pour FNE l’énergie éolienne est bienvenue, à condition que les éoliennes ne soient pas placées sur un couloir migratoire, ou une zone humide, un corridor biologique, à proximité d’une ZPS, d’une ZICO, tout contre un territoire RAMSAR!
Voir son EOLOSCOPE chapitre BIODIVERSITE, pages 30-31-32.
https://fne.asso.fr/publications/eoloscope-terrestre
Pour toutes ces raisons, nous ne voyons qu’une seule et unique réponse à ce projet inepte, son abandon pur et simple.
L’ Humanité a tout autant besoin de biodiversité que d’énergie pour assurer sa survie. La biodiversité est en chute libre – on parle de sixième extinction de masse sur la Terre – l’ Eolien ne peut faire l’impasse sur sa protection.
Réduire la crise climatique au seul enjeu énergétique, nous conduit inévitablement dans une impasse, car enjeu climatique et enjeu biodiversité sont interdépendants.
Les sites comme celui de la Plarie doivent être strictement mis à l’abri de toute agression.
Pour France Nature Environnement Hauts de France
Jean Claude Brunebarbe
Administrateur de FNE HdF
Voir la brochure « Eoliennes, questions et réponses » de RESCOOP WALLONIE.
https://www.rescoop-wallonie.be/wp-content/uploads/2022/08/brochure-eoliennes-questions-reponses-2022-web.pdf
Eoloscope terrestre de FNE
https://fne.asso.fr/publications/eoloscope-terrestre
Texte de la pétition
Parc Européen des Plaines Scarpe Escaut
Nous, signataires de cette pétition, voulons exprimer notre vive opposition contre le projet éolien de Laplaigne 7620 Brunehaut Belgique, sur le lieu dit La Plarie, présenté par la société VENTIS et le collectif citoyen C.L.E.F.